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Vendredi 03 Juillet 2009
Pourquoi toi et pas Moi ?  - My Blog
" Je t'en veux quand même ! Il n'y a pas d'autres manières de le dire, je t'en veux, je t'en veux à mort."

Pour la premire fois de ma vie, on me fait un aveu de jalousie ouvert, libre et sans complexe.

"... Je t'en veux parce que sur le papier, je suis sensé réussir autant que toi. Pourquoi toi et pas moi Hein ? tu peux me le dire? Qu'est ce qui explique ce contraste entre nos deux parcours ? Je ne crois pas à la chance et donc, je t'en veux. Je ressens ton succès professionnel comme un traitrise. Tu m'a trahis depuis le moment ou on nous a remis ces maudits diplômes. Depuis ce moment précis, tu as fais des choses dans le secret le plus total, tu n'as pas cessé de brûler les étapes, d'enquiller les promotions, de changer les jobs, d'obtenir de meilleurs salaires, davanatge de responsabilités. Manifestement, tu es tombé sur une formule. Or, tu n'as jamais pris le temps de m'en faire partager la nature exacte. Huit ans après notre première rencontre, moi, je cale, je m'embourbe dans une carrière chiante, peu lucrative, minable alors que toi, tu te tapes un voyage d'affaires toutes les deux semaines, tu signes des notes de frais équivalant à mon salaire annuelle, ce costume que tu portes aujourd'hui pourrait servir à payer mes traites et mon loyer pendant deux ans; j'éspère que tu le sais..."

Oui, je le sais Malik, je le sais. Mais que veux tu que j'y fasse. En vérité, tu soulèves une problématique intéressante. Que s'est-il passé ? Comment as tu raté cet épisode essentiel de la vie ? Comment à tu ruiné tes propres chances de réussite ? Malik, Tu as toujours été le plus brillant de nous deux. Je ne pourrais jamais rêver possèder ton intelligence, tes capacités analytiques, ta lucidité, ton niveau d'éloquence. Pourtant, j'ai eu le loisir d'exploiter de meilleurs opportunités, des personnes cléfs se sont interessé à moi, m'ont motivé, m'ont responsabilisé, ont accepté que j'apprenne de mes erreurs. Dans l'immédiat, et pris à chaud comme ça, je n'ai pas de réponses. Simplement, sais-je qu'il n'existe pas de formule si ce n'est un pilotage automatique, une sorte d'ADN relationnel qui me permet de tirer parti d'un contact, d'une discussion, d'une rencontre fortuite. Je ne vois que cela en réalité, rien d'autre.

" Ca me tue, c'est anormal, je ne devrais pas brûler d'autant d'envie, je sais que c'est malsain. Cependant, si coupable que je me sente par rapport à cette jalousie, tu sera d'accord pour dire qu'ell est justifiée. Non ? Moi je crois que si. Tu vois l'amitié résiste difficilement à ce genre de disparité. Aussi longtemps que nous nous valions plus au moins socialement, un lien était possible, nous avions les mêmes soucis,les mêmes intêrets, des doutes identiques, une ambition similaire. Aujourd'hui, l'écart est tel que ce n'est plus possible. Comment pourrais-tu toi, compatir avec mes carences matérielles ? Tu n'est plus fait pour décrypter des notions comme : le Loyer, les traites d'une caisse, les courses, les primes d'assurances obligatoires, les frais de scolarité, les diligences dominicales vers Marjane, l'embarass ressenti devant une note de 500 dhs dans un resto pourri, la peur d'un dysfonctionnement de carte de crédit, des serveurs devenant soudainement désagréables en réaction à un pourboire minable, une femme qui desespère de vous voir crever l'abcès de la médiocrité un jour, les reproches paisibles, les comparaisons humiliantes avec les beaux frères qui font du businesss. Tout ça te passe au dessus de la tête. Alors, je ne comprends pas excatement les raisons qui te poussent à perpétuer cette relation : notre supposée amitié"

Et Bien, justement le fait de ne se poser aucune question, d'accepter un ami tel qu'il est, de ne faire aucun jugement de valeur, de ce dire qu'un jour viendra ou les choses s'arrangeront, une sorte d'optimisme indécrottable en l'avenir. C'est tout.

" Non, j'ai réfléchi . Je veux arrêter de te voir. Je ne le supporte plus. Tu es un rappel constant de mes échecs. En te voyant, je fais face à ma petitesse sociale, c'est terrible, je le ressens comme une torture. Tu places une loupe sur ma disgrâce, et à ce stade, j'ai juste envie d'oublier ce qui m'arrive, je ne lutte plus pour me faire une place au soleil, je veux juste refouler mes échecs . C'est malheureux de le dire, mais j'aurais du apprendre à picoler, ça m'aurait éviter de ressasser cette merde dans ma tête. je suis à la recherhe d'une échappatoire. J'en suis arrivé au point, ou, incapable de quitter le ventre mou de la société, je préfere m'y fondre en tordant le cou aux ambitions folles qui m'animent. Je ne veux plus rêver. Par conséquent, ma convalescence doit s'accompagner d'un changement d'habitudes : Je dois cesser de te voir à partir d'aujourd'hui."

"... tu vois, le pire dans tous ça, c'est de devoir composer avec ton manque de finesse. Excuses moi de te le dire mais tu n'es même pas classe. Tu n'as aucun tact en toi. Tu passes ton temps à me montrer tes putains de photos à Londres, à Paris, à Berlin, aux States. Des photos putrides ou tu te mets en scène comme un guignol. J'en ris parfois tu sais, c'est le seul plaisir que j'en tire. Oui pour moi ces diaporamas c'est Tintin aux pays des germains, des cowboys, Tintin ou la conquête de l'inde. Tu es ridicule. Tu veux prouver quoi au juste ? Je le sais déja que tu fais un max de pognon, je le sais que la rareté des ressources tu t'en torches les fesses. As-tu vraiment besoin de me fourrer tout ça dans la gorge sachant qu'un déplacement minable à Marrakech me serait aussi évident que d'escalader L'Everest. Tu es un être veule cher ami. Tu ne possède aucune bribe de finesse. Quant à l'empathie, tu en es aussi impérméable qu'une moule. Je suis sur que tu le fait exprès, mais à chaque fois que j'ose faire une réference nuancée à mes problèmes de fric, tu détournes la conversation sur toi, sur tes propres démons, tes histoires de culs avec tes bourgeoises hystériques. Je n'en ai plus rien àn foutre de tes tribulations d'enfant gâtée par le hasard. Jamais au grand jamais tu n'as proposé de m'aider. Lorsque l'année dernière j'ai du débloquer un crédit usuraire pour payer le trimestre d'Imane et que, je t'en ai parlé de long en large, monsieur m'a sorti cette phrase " L'être humain ne résoud que les problèmes qu'il veut bien se poser !" Alors que je me plaçais devant la possibilité de me faire pomper le sang par une bande de banquier verreux, tu as fait de la philosophie. Pensais tu réeellement me soulager en me sortant cette phrase, pensais tu alléger mes souffrances. Tu vois, je ne t'ai jamais imaginé comme ça. Moi à ta place, j'aurais fait un chèque. Pour un mec qui hurle à tout va toucher un Million de Dirhmas de bonus annuel, dix mille balles n'est qu'un putain de pouboire. Non mais, parles moi sincèrement, tu en fait quoi de ce fric. Tes vieux ont du pognon, tu n'as aucune famille à charge, tu dis toi même que tes putes t'invitent, tes frais de voyages tu les refourgues à ton entreprise. Qu'est tu fous avec ton pognon ?"

Je me prémunis contre l'avenir Cher Malik. Tu sais mieux que tout le monde à quel point les temps sont durs.

"... Tu accumules, tu les investi tes sous, Chaque matin tu as une discussion enfievrée avec ton conseiller en placement pour booster la rentabilité de ton capital. Tel est ton souci dans la vie. Comment gruger le système, comment te faire la malle avec encore plus de plus-value. Tu n'as plus rien en commun avec moi ni avec la masses des gens qui se cassent le dos pour vivre decemment, qui se font broyer par des patrons insensibles à la misère humaines, qui survivent grâce des bouts de chandelles. T'as changé vieux, t'as oublié ces années fac ou je me pliais en quatre pour t'expliquer les écarts types, les équations différentielles à multiple variable, toutes ces putains de nuits blanches ou j'étais à deux doigts de me flinguer devant ton idiotié congénitale, ta lenteur, l'expression niaise de ton vide cérebrale. Pourtant, par amitié, j'étais là , j'ai bossé pour deux, tu as eu ton diplôme. A présent, tu te la pètes devant moi hein gros con ? T'as une revanche à prendre sur moi parce que je ne suis pas dupe de ton vrai Toi, de ta médiocrité. Laisse moi t'annoncer toute ta bêtise mon pote. M'en fous que t'ait été mou de la matière grise, un ami ça ne porte pas de jugement, ça ne fabrique pas des phrases philosophiques, ça aide concrètement. Or, non seulement tu ne m'as jamais aidé mais je te soupçonne de t'être réjoui de ma guigne. A tes yeux, je suis l'anti-exemple à suivre hein avoue le ? Si ça se trouve, tu présente ma descente aux enfers comme une sorte de blague à tes copains de la haute. Vous vous gaussez de moi dans vos résidences privées à 5 millions de Dhs L'appart. Tu veux que je te dises : Je te plains, Je plains la créature mesquine et capitaliste que tu es devenu. Maintenant, je te prierais de dégager, tout de suite, tu prends tes clopes, ton laptop et tu fous le camp, je veux nettoyer mon champ de vision de ta sale gueule de profiteur de guerre, de collabo. TIRE TOI BORDEL..."

Je ramasse mon laptop mais laisse le Paquet de Marlboro à moitié plein sur la table. En quittant, j'appelle le serveur et lui remet discrètement 300 dhs. Je lui demande de règler l'ardoise de Malik. Son discours m'a touché...Vraiment. Quelle créature suis-je devenu ? Comment faire pour changer ? Que faire... Commençons d'abord par un Jacuzzi, on verra ensuite...
Rédigé par Reda Dalil le Vendredi 03 Juillet 2009 à 09:25 | Permalien | Commentaires (0)

Jeudi 02 Juillet 2009
L'Amnésique  - My Blog
Il me donne rendez-vous dans un café inhabituel. Le quartier est assez sinistre, le temps aujourd'hui est sinistre. Nous sommes en plein mois de Juillet, des chaleurs terribles succèdent à des froids presque polaires et vice-versa. A l'intérieur, plusieurs tables sont innocuppées. L'ambiance est quelque peu passéiste. Des clichés jaunis de Oum Kaltoum et abdelhalim Hafid font office de décor. Deux serveurs discutent inclinées sur un coin de comptoir, un parfum d'encens me pique le nez à mesure que je m'avance vers lui. Il est là, assis paisiblement, une théière rouillée trône sur la table. Il y une quantité remarquable de mégots dans un cendrier. Il est donc là depuis longtemps. Nous échangeaons une poignée de main chaleureuse et, à peine, m'asseois-je qu'il commence :

" Tu vois le monsieur assis là bas ? "

Il m'indique une table au fond du café de laquelle émane des volutes malsaine de cigarette. Effectivement j'y vois un homme, la cinquantaine, costume noir, col roulé, une montre flashy probablement bon marché, le crâne dégarni, une mine assez lugubre, des lèvres fines et grises et un regard étrange, très vague, presque diffus.

" C'est mon Oncle. Tu as du être surpris que je te demande de me voir ici. Je ne viens jamais dans ce café tu le sais bien. Cependant, aujourd'hui , je suis là pour lui. Chaque Dimanche, je viens ici pour le voir en quelques sortes. Jamais je ne lui adresse la parole. Je prend place suffisamment loin pour le regarder sans attirer son attention. Je fais attention à ne pas déranger sa quiétude. De toutes les manières, il ne me reconnaitrait pas. Il ne reconnait plus personne. Mon oncle est amnésique. Il a perdu toute faculté de rétention des noms, des lieux, des évenements. J'éprouve une peine immense à l'égard de cet homme que j'ai appris à aimer et à respecter étant enfant..."

" Regarde le bien ! C'est grâce à cet homme là que je suis ce que je suis aujourd'hui. Je m'explique."

" L'année de mon bac à coincidé avec la faillite de mon père. Pour résumer, nous n'avions plus rien. Un jour mon père nous a réuni dans le salon pour nous annoncer sa déchéance. Je me rappelle de sa clarté ce jour là . Il a juste dit " Mes Enfants, votre père n'a plus un sou en poche" . Oui c'est l'expression qu'il a utilisé. Aujourd'd'hui quand j'entends quelqu'un employer la même expression, j'ai des sueurs dans le dos. Certains mots, certaines phrases vous marquent à vie. Et bien moi, quand on prononce le mot " sou", le mot " poche", je suis pris d'une envie irrépressible de foutre le camp, de partie, d'oublier."

" Du jour au lendemain, mon existence confortable a volé en éclats. Nous avons été obligé de quitter notre maison, j'ai raté mon bac, me suis désinscrit de mon école privé, pour rejoindre le publique. Nous mangions rarement à notre faim. Ma mère, accoutumée à une vie cossue s'est vue contrainte de se séparer de mon père. Elle nous a signifié qu'en raison d'un problème d'espace, mon frère et moi ne pouvions l'accompagner chez mes grand-parents. Nous sommes donc restés avec mon père, nous avons vivoté ensemble. Pendant trois mois, je n'ai plus mis les pieds dans mon lycée, je ne pouvais plus me le permettre, il fallait que je travaille. J'ai donc enchaîné les petits boulots. J'ai été apprenti garagiste, livreur, serveur, plongiste. J'ai tout fait pour aider mon père. Je n'y réussissais pas forcément. Pis encore, mon père bien que possédant une base d'amis capable de le secourir de la pauvreté n'avait plus en lui la motivation de bien faire, de travailler dur, de monter des commerces comme cela fût le cas dans le passé. Le départ de ma mère en avait fait un légume. Nous étions donc obligés de mettre les bouchées doubles mon frère et moi, pour faire flotter le navire. Cette responsabilité s'est très vite révelée au dessus de nos forces. Très vite, l'argent généré par la vente de nos biens s'ést épuisé et nous nous sommes vus forcés de quitter notre appartement en raison d'une incapacité chronique de payer le loyer."

" Nous n'avions plus ou aller. Pendant une semaine, nous avons erré dans les méandres de Casablanca, nous avons dormi dans des dépotoirs, nous nous faisions mordre par les rats, pourchasser par les chiens. Mon père ne disait rien, mon frère, pourtant mon aîné, pleurait, gémissait constamment, quant à moi, je reflechissais, je reflechissais à m'en rompre l'esprit jusqu'au jour ou une idée m'est venue. On irait chez mon Oncle. L'homme assis devant nous".

" C'était là mon idée la plus brillante. A cette époque, Les affaires de mon Oncle avaient commencé à bourgeonner. Exploitant une parcelle des domaines légués par mon grand-père, il avait, servi par une intelligence hors du commun, réussi à établir une coopérative grandement rentable en s'associant avec un puissant syndicat d'agriculteurs du Souss. Nous savions peu de choses de lui. Mon père s'étant depuis toujours consumé d'une jalousie irrationnelle à son égard, n'avait jamais vraiment cherché à le voir. Les deux frères ne s'accordaient sur rien. Tout les séparaient. Pourtant, voyant notre horrible mine, nos corps décharnés, il a fait ce que tout bon muslman ferait, ils nous a acceuilli les bras grands ouvert. C'est ainsi, que j'ai pu reprendre mes études, décrocher mon Bac et m'envoler pour mon ecole d'ingénieurs à Paris. Mon frère et mon père ont également bénéficié des largesses de mon oncle. Le premier en montant sa propre chaîne de supérettes et le Deuxième en se relançant dans la promotion immobilière. Aujourd'hui, nous sommes, comme tu le sais, à l'abri du besoin pour des générations à venir. Nous le devons tous à cet homme là."

"... Hélas, la nature ayant horreur des dénouements idylliques, une autre tragédie à frappé et, cette fois ci, mon pauvre Oncle en a été la victime. Il y a Trois ans et sept mois, mon oncle a perdu sa famille. Sa femme et ses deux filles, dix-huit et seize ans ont péries massacrées à coup de hache par un vagabond aux portes de leur villa un funeste matin d'année scolaire. Ma Tante comme à son accoutumée, se préparait à emmener ses filles aux lycée, quand sortant de nul part comme une fatalité du destin, cette crapule, ce drogué, leur a fondu dessus une machette à la main. Elles ont été réduites en pièces, littéralement taillés par ce toxicomane fou dont le but était uniquement criminel. Il n'en voulait nullement à leur bijoux, à leur sacs. Ce forcené était animé par un seul dessein, la destruction de l'autre, le meurtre. Jamais la police n'a retrouvé sa trace. Depuis ce jour, ou, sortant tranquillement de chez lui, mon oncle a remarqué l'attroupement de badauds de circonstances entourant les corps travestis de sa famille, il n'a plus jamais été le même"

" Sa dépression a pris la forme d'une amnésie totale, d'un détachement permanent. Il n'a plus jamais prononcé un mot. Son seul acte de conscience est de venir chaque jour boire son thé dans ce café en observant la porte d'entrée. Le propriétaire de cet établissement m'a confié que mon Oncle accompagné de son épouse et de ses filles, venait prendre son petit-déjener ici. Il dit qu'ils avaient tous un petit faible pour la spécialité de la maison ; des mélouis aux raisins. Comme tu peux le remarquer, il y en a une assiette pleine sur sa table. C'est son rituel. Dès qu'on le voit, on lui sert du thé et des mélouis auquels il ne touche jamais."

" Voir mon oncle ainsi me déchire de l'intérieur. Comment un homme aussi bon, aussi clément, peut-il sombrer dans l'oubli, dans l'atrophie de l'âme? Pourquoi ? Bien des fois, je l'ai approché, j'ai essayé de lui soutirer quelques mots, des souvenirs, je voulais qu'il vide son sac, qu'il me parle, je voulais le remercier d'exister, lui embrasser les mains, la tête, l'honorer, lui décrire l'homme admirable qu'il était, le pousser à quitter sa léthargie. Je n'y suis jamais arrivé, mon oncle est un homme absent, son unique mission est de patienter, d'observer cette porte, d'attendre le jour ou sa famille ferait une entrée joyeuse dans ce café. Il appelle ce moment de ces voeux, je pense qu'il y croit sérieusement. Regarde comme il lui arrive de consulter sa montre, il empoigne un journal, le parcourt machinalement, le délaisse, se triture le menton, il se penche pour jeter un coup d'oeil sur la rue, il veut les apercevoir arrivant vers lui, la démarche guillerette, il se prépare à recevoir les élans d'affection de ses filles, les regards complices de sa femme...Non...non...je ne peux pas continuer...excuses moi mon ami , je...je dois m'absenter deux minutes, il faut que je me rafraichisse, je reviens dans deux minutes...pardon mon ami".

Il se lève et s'en va rejoindre les WC. Cette histoire m'a perturbée. A quoi tient la vie ? Vaut-elle la peine d'être vécue de la sorte, à l'état d'objet contemplatif ? J'éprouve une peine gigantesque pour cet homme digne et bien habillé qui a préféré arrêter le temps pour continuer à vivre une époque heureuse, une époque dont sa famille faisait partie. Il n'a plus la force de vivre dans ce présent maléfique, il a réfuté la tristesse de sa situation. L'amnésie lui et plus salutaire que la conscience d'un mal permanent. Quelle noblesse...

Pris dans ma refelexion, une vision étrange peine à se frayer un chemin dans ma conscience. Ce que je vois ne se traduit par aucun message neuronal précis. Un phénomène inexplicable, un raccord de l'histoire tente de s'insinuer dans mon cerveau, une hallucination, oui une hallucination, toute autre explication est impossible. je ne vois pas ce que je vois, je ne peut pas voir ce que je vois devant moi. Mon esprit m'intime l'ordre de ne pas y adhérer, de refouler cette vision. Pourtant je vois des choses, une femme d'une quarataine d'années et deux adolescentes viennent de pénetrer dans le café, le regard de l'homme s'illumine, il se dresse d'un coup et ouvre grand les bras dans une gestuelle de bienvenue. Les filles se jettent à son cou, l'étouffent de baisers, la femme reste en retrait et arbore une expression de fiérté melée à de l'affection maternelle. Elles s'assoient autour de lui, et une des filles s'empresse à picorer une crêpe, l'oncle indique sa montre à l'épouse comme pour gentiment lui reprocher son retard, des conversations s'ensuivent, j'assiste à une peinture de bonheur conjugal, de joie famillial. Que se passe-t-il au juste? Impossible, je ...je ne sais plus.

Je me couvre les yeux, je ne peux plus assister à ce spectacle, une vague d'émotions me submerge , j'ai envie de verser toutes les larmes de mon corps quand tout à coup je sens une main m'effleurer subrepticement l'épaule, je me retourne , c'est mon ami et il affiche un sourire malicieux mais radieux à la fois, je suis perplexe, je l'entends me dire :

" Allez viens, je te présente mon Oncle et sa famille !"

Je comprends instantanèment, j'ai été berné de la plus belle des manières, je me vengerais...
Rédigé par Reda Dalil le Jeudi 02 Juillet 2009 à 11:24 | Permalien | Commentaires (0)

Samedi 27 Juin 2009
La Donne est brouillée.  - My Blog
Nous l'observons très religieusement. Elle dégage une certaine prestance, la classe personnifiée, une belle figure, un visage symétrique, des sourires dosés, une manière de fumer sortie tout droit du music-hall américain façon années 50 . Rarement une telle conjugaison de qualités se sont réunis dans une femme pensons nous. Le teint hâlé, les lèvres minces, des yeux pétillants de coquinerie. Elle se contente d'aquièscer, de hôcher de la tête, elle ne prononce aucun mot, elle est aérienne, vraiment belle, le prototype d'un rêve érotique sain, fort. Nous nous damnerions pour partager quelques jours de sa vie. Hélas, au hasard d'un regard, nous nous aperçevons de la supércherie. Son premier acte humain, un geste typiquement vulgaire. Elle répond à un commentaire d'une copine en balançant la main dans une expression de dêgout et ses traits, autrefois, si cristallins, se crispent dans un rictus étrange, mélange de dédain et de barbarie urbaine. Et puis, jaillissent de sa bouche, des mots d'une rare cruauté sonore : " ymchi ikawad" . Le fantasme se dégonfle. Nous regardons ailleurs. La minute de bonheur laisse encore une fois place à la désillusion. Nous partageaons mon ami et moi, une obséssion de la perfection féminine. Comment en sommes nous arrivés là ? Les réponses sont multiples et peu essentielles. En gros, nous sommes spécifiques. Un peu trop. Tellement en fait, que la possibilité de faire ménage avec une femme se dissoud un peu plus chaque jour qui passe. Un seul détail suffit à détourner notre attention d'une demoiselle jugée parfaite de prime abord. Nous avançons dans la vie équipés d'une batterie de critères irrationels en fonction desquels nous jugeons, trions, acceptons momentanèment, rejettons régulièrement. Nous parlons beaucoup, agissons peu, observons la plupart du temps. Nous sommes spécifiques et ne n'y pouvons plus rien. Passé l'âge de trente ans, nous ne pouvons plus coexister avec l'imperfection. Au fond de nous mêmes , nous avons façonné de la femme une image d'épinal aussi polie qu'une pierre ponce. Oh bien sur, nous croyons encore au bonheur, à la rencontre miracle, mais à moins d'un remake du film " ma fiancée est une extra-terrestre", nos aspirations se cantonneront à jamais dans la sphère de l'illusion. C'est ainsi, par une sorte d'accord silencieux, nous ne luttons plus. Nous nous acceptons en tant que maniaques et nos longues incursions dans le célibat en sont le résultat concrèt. Dans l'ordre de la maniaquerie féminine, il y a Momo et le reste du monde. Bien que ma propension à chercher la petite bête se situe bien au dessus de la moyenne, comparé à Momo, je fais quand même partie du reste du monde . Momo est une aberration de spécificité. lui, est capable de disqualifier Grace Kelly pour un problème invisible à l'oeil nu et à la consicence saine. C'est un champion du monde. Je l'écoute parler.

" Tu réalises pas que la donne est brouillée Coco. La donne est brouillée grave. Moi j'ai besoin d'un décodeur pour décrypter la donne. Y 'a trop de belles femmes et c'est pour ça que la donne est brouillée. L'embarras du choix tue le choix, c'est ce que je veux que tu saisisses Coco. Comment choisir ? hein ? T'as une idée. Au feu rouge, dans les cafés, les restos, au ciné, au bureau, au sport, elles sont là, elles te narguent par leur sourire enjoleur. Elles ont des fesses de plus en plus rebondies, elles s'habillent de mieux en mieux, elles ont de moins en moins de complexes. Elles sont partout et elles portent une inscription sur le front, elles te disent en gros " je suis ouverte à toutes les propositions ; vas y tente ta chance ; au pire je t'envoie chier comme une merde , mais vas y quand même , qui sait ça pourrais flatter mon égo". Bordel la donne est brouillée. Elle l'est crois moi. Les rapports de force ne présentent plus aucune espèce de logique. Leur nombre a écrasé tout prinicpe de concurrence saine. C'en est fini de tout ça. Aujourd'hui, elles se valent toutes, elles ont des caisses, savent se trémousser comme il faut, portent des pantalons transparents, se perchent sur des talons vertigineux. Elles gloussent à n'en plus finir, elles connaissent toutes l'anglais, et connaissent les paroles de " Smooth" par coeur. Et puis, le truc quoi ! la danse, elles ont ça dans la peau oui ou merde ? On dirait qu'elles sont tombés dedans à la naissance. Est ce que la danse fait partie du cursus d'apprentissage de la femme Marocaine d'aujourd'hui. Merde, j'ai bien l'impression que oui. Comment tu veux suivre ? tu te vois toi à trente ans, t'exhiber sur une piste, exécuter des pas de salsa ridicules. La donne est brouillée."

"... Personellement, je ne m'en sors plus. Le pire, c'est qu'elles ne sont même plus impressionables. Moi je fais partie d'une catégorie bien précise de mecs. Je ne suis pas celui qui pourra continuellement inviter dans des restos japonais, offrir des weekends à Marrakech et tutti quanti. Ma catégorie est celle du mec plûtot marrant, tu vois, vif, vaguement cultivé. Ma stratégie, parler, charmer, transporter point à la ligne. Le raccourci de l'invitation, c'est pas ma came, mes moyens ne me le permettraient pas."

"... Tiens, l'autre jour, j'emmène cette fille au resto. Très jolie, de bonne famille, bon boulot, une caisse et tout le shmilblick, un smartphone trois fois plus cher que le mien. Je vais la récupèrer, elle sort de son immeuble sapée comme une reine. Je manque de m'évanouir à cause des senteurs exquises dont elle inonde ma voiture. Elle aurait pu me demander n'importe quoi cette fille, j'aurais sorti ma langue et reniflé trois fois avant de dire oui. L'hypnose totale. Au moment de payer, je l'observe, elle ne bat pas un cil, mais pas un. Le visage stoique, les yeux regardant ailleurs pendant que moi, et bien, je sue à grosses gouttes sur l'addition. Non... Là n'est pas le problème, quand je les sort, je suis prêt à payer, je prend mes putains de précaution. Mais voila, ça ne me déplairait pas à ce point qu'elle fassent le geste, juste qu'elle joue la comédie quoi ! Genre un petit " Non c'est bon, je m'en occupe ", ou bien, " Tu ne vas pas payer tout seul" ou alors " Je veux participer" . C'est quand même pas trop demander. Non ? Et bien non, le moment fatidique ou le serveur plein de gouaille dépose ce mini parapheur sur la table est un moment masculin, entièrement masculin, c'est le moment anti-femme. Elles ne sont pas programmées pour être intellectuellement active à cet instant là. Une rupture se crée, un calme désertique, une flottement du temps. Ensuite, Dès que le même serveur s'en va avec le pognon, re-génèse immédiate, elles reviennent subitement à la vie, elles se réactivent, miracle, elles sont vivantes."

"... je n'aime pas trop ça qu'on me prenne pour un guichet automatique. A la rigueur, quand j'invite une étudiante, une stagiaire, enfin bref une fille " supposée" exempte de ressource, je paye en me disant que c'est là l'unique alternative, si elle ne bronche pas au moment de l'addition, je n'en fais pas une catastrophe. Cependant, quand parfois la nana touche deux fois mon salaire, et tu sais quoi, elles te le disent. Un jour, je suis sorti avec une sorte d'héritière. Mais tu comprends,moi, je n'en avais aucune idée. C'est d'elle que j'ai eu l'information. Pendant tout le dîner, elle n'a cessé de me faire l'inventaire de sa fortune, j'ai ci, j'ai ça, mon père possède une ferme de dix mille hectares, nous construisons un hôtel cinq étoiles à Tanger, je passe mes vacances à Los Angeles ou nous avons un Appartement, j'ai fais mon master à Boston. La totale. J'ai cru, me basant sur ces révélations, qu'elle allait non pas simplement règler la note du dîner ce soir là, mais se payer tout le resto. Sérieusement, si tu l'avait entendu parler, tu aurais déduit la même chose. Or, même topo, le serveur pointe sa face de rat, et il n'y a plus personne, plus rien, je n'ai plus qu'un de ces mannequins en plastoc devant moi quoi ! Et bien sur, le rituel se poursuit, je paye et tout d'un coup, la revoila qui s'anime. Non, je n'aime pas ça , mais pas du tout"

"...Bon y en qui disent qu'elles ne veulent pas te mettre dans l'embarras. Le rôle de l'homme étant ce qu'il est dans ce pays etc... tu veux savoir ce que j'en pense, je m'en secoue les noisettes du rôle de l'homme, si on est égaux devant l'entreprise, l'école et l'administration , on est égaux devant une facture de 1250 Dhs TTC dessert exclu. Je m'en fiche, les temps ont changé. Nous touchons tous un salaire, ce salaire sert à nous entretenir, le divertissement est un poste de dépense comme un autre. Je ne vois pas pourquoi ce dernier serait l'unique apanage de l'homme. la donne est brouillée mon pote , la donne est brouillée."

Momo est sacrément remonté. J'ai droit à ce discours presque deux fois par semaines. Le hic c'est que Momo n'a pas invité une fille depuis deux ans, je le sais , je le vois tous les jours. Son obsession de l'arnaque, de la conspiration féminine, l'empêche de prendre du bon temps. Même quand il passe une belle soirée ponctuée par un final horizontal, il n'y prend aucun plaisir car l'addition d'un peu plus tôt continue à lui peser sur l'esprit. Momo est condammné à une vie de ressentiment. Sa psychose est bien trop grande. En réalité, elle n'est que l'expression d'une radinerie maladive. S'il est devenu spécifique c'est uniquement pour éviter de régaler, de tendre sa carte de crédit, c'est tout. Quant à moi, ma spécificité est d'un autre ordre. Je ne m'étalerais pas dessus... Je dirais tout au plus qu'elle est d'un ordre plus esthétique.
Rédigé par Reda Dalil le Samedi 27 Juin 2009 à 01:42 | Permalien | Commentaires (0)

Samedi 27 Juin 2009
Une chienne de vie.  - My Blog
" Tout a commencé quand quand je lui ai collé une mandale. Il a riposté par une uppercut, je lui ai balancé un coup de genou dans l'aine, il s'est écroulé, s'est relevé, m'a fracassé le nez d'un coup de poing, j'ai pissé le sang pendant trente seconde, me suis repris, lui ai brisé le le tibia, il a hurlé un minute, puis, subitement insensible à la douleur, s'est rué sur moi et m'a choppé à la machoire avec le coude. J'ai d'abord craché trois dents avant de l'étrangler. J'ai vu ses yeux se gorger de sang, sa carotide tripler de volume. Il m'a imploré d'arrêter. Je ne l'ai pas fais, il a fallu qu'il perde connaissance pour que je lâche prise. Ensuite, je l'ai emmené dans une clinique et j'ai raconté des bobards au personnel soignant. J'ai dit qu'on s'était fait aggressé par une bande de supporters du Raja. Ils m'on cru. Trois semaines plus tard, nous étions tous deux remis sur pieds. Nous avons recommencé à nous détruire le corps deux fois par semaines. Nous en avons fait un rituel. Aujourd'hui nous continuons à le faire bien qu'avec moins de régularité."

"... J'ai acheté un punching-ball, des briques de chantier et des poings américains. Chaque jour je m'entraine à me faire mal, à me dépasser physiquement. Mon visage ne ressemble plus à rien, mes mains sont à présent celle d'un ouvrier en bâtiments. En quelques mois, ma morphologie s'est mué en quelque chose de pas humain. Je constate de plus en plus qu'on s'éloigne de moi dans la rue. les femmes spécialement, ne peuvent plus partager le même trottoir. Ma gueule ne leur dit rien de bon. Mon nez ressemble à une patate pourrie, il me manque une demi-douzaine de dents sur la rangée du devant, ma machoire ressemble à celle d'un lutteur UFC, mes épaules ont pris vingt centimètres de largeur de chaque côté, ma démarche ressemble à celle d'un yéti, mes cuisses manquent d'exploser mes pantalons de cadres en entreprise précieux et raffiné, je suis devenu une sorte de bête immonde sur patte. On me perçoit à présent comme un Danger publique ambulant, une plaie humaine, un parasite de l'ordre convenu."

"... Mais, je n'y peux rien, il faut que je me fasse mal, il faut que mon corps souffre, je dois le soumettre aux pires tortures; Chaque soir, je fais deux heures de tapis en cadence maximale, ensuite, je fais dix huit séries de vingt cinq pompes, dix séries de cinquante abdos, je tape une heure dans mon punching ball, j'éxécute six séries de quarante squats, cent tractions sur barre fixe, et pour finir, je pulvérise uen dizaine de briques en moyenne. Au final, mon corps est meurtri, mes mains ensanglantés, mes jambes ne supportent plus le poids de mon corps. Le plus dur après, c'est de se doucher. je n'ai en général plus d'énergie pour le faire. ALors la plupart du temps, je me réveille le lendemain dans mon bain. Le contact de l'eau chaude étend une relaxation subite sur mes muscles ce qui induit un sommeil automatique. "

" Au boulot, mes collègues m'évitent. ils ont vu un type bien changer. Les changements ne sont pas bien vus dans ces temples du conformisme que sont les bureaux. " Reste toi même ou crève" devrait-ils écrire sur chaque devanture de siège social. Le Bureau est l'anti-thèse du darwininsme, il ne faut pas s'adapter, l'adaptation professionelle implique la stagnation. S'adapter c'est justement ne pas changer. Les stéréotypes collant aux employés sont tels qu'une simple prise de poids decontenance votre entourage, on ne sait plus ou vous mettre, alors, la majorité du temps, on ne vous met nulle part, on vous placarde, vous n'existez plus car vous avez failli au pacte implicite de stagnation. "

" Ce soir, je vois Hamid, on a prévu une autre séance de baston. Nous nous retrouvons chez lui car il a un jardin, ça nous donne de l'espace pour se pourrir la gueule. Lui et moi sommes seuls. Nous n'avons aucun souci de dérangement, aucune femme à énerver, aucun gosse à réveiller, alors nous nous battons sans ménager nos expressions de douleurs, nos monstrueux hurlements. Nous y allons à fond. Et, au terme de nos pugilats, celui qui tient encore sur pied, conduit l'autre vers une clinique différente à chaque fois. Au bout de trois ans de ce rituel, nos corps sont devenus plus résistans, nous recourrons de moins en moins au services de soins, à moins, bien sur de quelque chose de grave, du style, une cornée eraflée, une concussion intense ou une fracture saillante. Nous sommes drogués à la douleur, nous nous reboîtons entre nous, nous nous cassons des briques sur le ventre, nous faisons des concours d'apnée frôlant la fatatalité. Nous repoussons tous les jours nos limites."

" Hamid et moi sommes obligés de nous déglinguer de la sorte, nous n'avons pas d'alternatives. Nos vies, sans cela, serait insupportable, nous nous donnerions la mort. C'est très simple, notre approche a pour but nous priver de tout moment de reflexion, d'introspection, de solitude. Nous nous empêchons de penser au passé et donc au bonheur."

" Oui nous étions heureux il y a quelques années. J'ai rencontré hamid dans une pharmacie de garde à trois heures du matin le soir ou ma femme est partie laissant un mot derrière elle. Hamid se faisait mettre un pansement à l'avant-bras, il avait tenté de se charcuter et n'arrivait pas à stopper l'hémorragie. Moi j'y étais pour acheter de la pénicilline. M'y sachant allérgique, je voulais en mélanger une dose importante avec du whisky, je voulais crever le soir même. En sortant de cette pharmacie, assez naturellement, nous avons parlé, puis nous avons marché, longtemps, toute la nuit en fait. Nous nous sommes racontés nos catastrophes respectives et aux premières lueurs de l'aube, je l'ai cogné, il a fait de même, une collaboration est née."

" Hamid et moi collaborons pour oublier nos femmes. Lui l'a trouvé dans les bras d'un pote. Histoire classique du mec cocufié. Sur le coup, tétanisé par la vision de sa femme se faisiant embrocher par l'ami en question, il s'est immobilisé, il n'a rien pu faire, il a manqué de cran. Aujourd'hui, en ce faisiant mal, il tente d'exorciser ce moment d'impuissance. Pour ma part, je me défonce la gueule pour oublier le contenu de ce mot que ma femme m'a laissé. Des phrases terribles, une dénégation minutieuse de cinq ans de vie commune, l'aveu d'un amour inexistant, une vraie descente aux enfers, un truc à vous faire vider un chargeur dans le crâne."

" Tous les deux, nous nous sommes entendus sur un principe simple, Substituer de la douleur à de la douleur. Nous pensons mieux résister à l'agonie physique. Notre objectif, occuper nos moments de conscience par l'effort physique le plus extrême, nous évitons d'entretenir nos nostalgies, de revoir ces deux garces, d'en râver. Hamid est plus déjanté que moi car sa femme est partie avec sa petite fille. Il a deux êtres vivants à tuer en lui. Alors, quand il est coincé sur une chaise de bureau, il utilise chaque secone de vide dans son travail, à rédiger des notes haineuses contre lui même. Il m'a montré un échantillon, je n'ai pu, en réaction que dégobiller mon déjeuner. Ces notes sont d'une férocité animale."

Oh mon dieu, j'avais éffectivement remarqué le changement physique chez Oussama, mais comme on ne se voit pas souvent, je ne me serais jamais douté de tout ce qui lui arrive. J'ai subitement peur pour moi. En me parlant ,il n'a cessé de se ronger les ongles, d'agiter des pieds, de craquer des phalanges. son regard suinte d'une folie furieuse, Son visage présente des creux, des bosses, des vallées, un paysage lunaire et cabossée. Pourquoi ai-je accepté son invitation? A l'école, il était déja un peu marginal, on le croyait différent, pas normal. J'étais à peu près le seul à daigner lui adresser la parole, à l'aider dans ses révisions. Or, en ce moment précis, je suis pris de panique à l'idée qu'il me broye par sa colère indélébile. Je ne dis plus rien, un silence tombale s'installe entre nous, silence interrompu par cette proposition d'Oussama:

" Ca te dirait de rejoindre notre petit Club ?"

On y est.
Rédigé par Reda Dalil le Samedi 27 Juin 2009 à 01:40 | Permalien | Commentaires (0)

Samedi 27 Juin 2009
L'énormité  - My Blog
Ma première remarque : " Bon Dieu ce qu'il a grossi !".

Ma deuxième remarque : " En l'espace de vingt minutes, il descend deux Crêpes Nutella, un cheesecake et deux Diabolos Menthe !"

Ma troisième Remarque : " Ce mec là est entrain de se suicider !"

Fahd n'a jamais été obsédé par la nourriture, quand je l'ai connu, il détalait comme le diable de Tasmanie sur les terrains de football de Ma Fac. Il s'était fait du sport un vrai mode de vie. En classe, il portait des shorts et chaussait des Baskets. Aussitôt les cours finis, il entamait une série de tours de pistes interminable qu'il ponctuait par des matchs de Foot, de Hand, de Basket, voire même de Badminton. C'était l'athlète parfait. Bien entendu, son côté touche-à-tout ne lui a jamais permis de briller dans une discipline particulière, mais sa maitrise de l'ensemble en faisait un bon camarade de jeu, la pièce manquante en quelques sortes. On, l'aimait pour sa bonhomie et son énergie infectieuse. Oh oui on l'aimait ce pauvre bougre. Il respirait la santé et le dynamisme. Sa confiance en l'avenir en faisait un ami de choix, toujours prêt à te remonter le moral, à te conseiller, à te faire entrevoir le bon côté des choses. Hélas, son interEt excessif pour l'autre l'amenait à négliger ses propres états d'âmes. Fahd fait partie de cette race d'hommes qui ont élevé la diginité jusqu'à taire leurs problèmes, nier leur souffrance. Sa propension à épauler son entourage n'a d'égale que sa honte de parler de lui, de mobiliser de l'attention en faveur de son seul être, de son seul interet. C'est là, sans aucun doute, une qualité rare et admirable. Toutefois, ce genre d'intériorisation vous amène à compenser par des mécanismes d'extériorisation alternatifs. Pour Fahd, très simplement, c'est la nourriture.

Fahd aujourd'hui bouffe comme je n'ai jamais vu quelqu'un bouffer de ma vie sachant, que j'ai passé quelques années aux Etats-unis. Des specimens de l'ingestion alimentaire massive, j'en ai vu par milliers. La vision d'un obèse dévorant un enième Big Mac dans un coin de Mcdo obscur relève de la banalité pour moi, j'en ai tellement vu. Cependant, dans notre pays, la gavage compulsif est loin d'être un phénomène important. La méforme est certes une norme globale chez nous, mais elle est le résultat des repas trop calorifiques, elle n'est pas due à la volonté consciente de s'exploser la panse pour pallier à un mal, embaumer une douleur.

Tu le vois dans ces yeux à ce pauvre Fahd qu'il a emprunté une voie dont lui même ne se doute pas des ramifications. De la pure panique émane de son regard pendant qu'il mange. Son attitude, ses gestes, ses hésitations, la manière dont il tire sur sa chemise pour essayer de camoufler un ventre gigantesque, forment un SOS géant. Il veut peut être qu'on l'aide, qu'on lui parle, mais, restant fidèle à sa retenue de base, il ne demande rien.

Sa stratégie réside dans le fait de montrer son malaise, ou du moins ses expressions concrètes. Manger autant qu'il le fait est loin d'être normal. On ne se remet pas facilement d'une administration aussi industrielle de graisses saturées. Pour espèrer retrouver une aspect humain, Il lui faudrait passer par une période de trois ans de privation. Et encore, son ancien corps d'athlète, j'en ai bien peur, n'émergera plus jamais de cette masse de cellulite difforme qu'il est devenu aujourd'hui. Je regrette le vieux Fahd. Type sympa, clair, rieur pour un rien. Un faisceau brillantissime de bonne humeur. Le spectacle auquel j'assiste me chagrine beaucoup, vraiment.

Est-ce qu'une femme mérite de tels sacrifices?

Fahd, cette nana est partie, elle ne reviendra jamais. Par quel court-circuit bioloigique as-tu decreté de faire son deuil en préparant minitieusement le tien ? Hein mon Ami? La trahison de cette fille aurait du au contraire te motiver a devenir meilleur, plus beau, plus intelligent, à devenir un battant, à lui prouver que tu ne vis pas par elle. Reflechis cher Ami. Je suis sur que tu rêves d'une recontre fortuite avec elle. Rien ne te ferais plus plaisir que de la croiser aux abords d'un feu rouge, dans un café, au ciné. Tu voudrais détecter de la nostalgie dans ses yeux, des regrets, une ébauche de volonté de retour, une idéalisation de votre passé commun. Mais Fahd, comprends bien que tout ce que tu verras chez elle, c'est un océan de mépris par rapport à l'aberration que tu es devenu. tu risques de la rassurer comme ça, de la conforter dans sa décision de mettre un terme à votre relation de Dix ans. Elle jubilera si elle te voit comme ça. L'ombre de toi même, elle asseoira sa domination théorique sur le sexe masculin. Tu lui insuffleras une confiance homérique en elle même et, partant, elle pourrais récidiver avec un autre, étendre son fiel, faire plus de victimes.

Dis toi bien, qu'avec elle c'est fini. N'ose même plus réflechir à une reprise. Elle est faite comme ça cette fille, elle passe à autre chose. Elle n'est pas très humaine pour utiliser un doux euphémisme. Oui, tu lui as tout donné, tu as été l'image de la bonté sur terre, tu as été aimant, tendre et disponible. Tu as engagé toutes tes ressources, tu a bousillé ton système nerveux à tenter de decrypter ses sautes d'humeurs, ses caprices, ses positions divergentes, ses opinions contradictoires. Tu te disais qu'elle changerait , qu'un jour, elle se coulerais naturellement dans votre moule d'amour, et ce jour là, tu avais estimé q'une nouvelle vie commencerais, une vie meilleure, une belle vie. Cependant, les évenement n'ont pas correspondu à tes anticipations. On ne change pas une personne, tu devrais le savoir. Cette fille est un électron libre. Je ne peux pas te le dire, mais à l'époque, elle se tapait quiconque voulait bien d'elle, elle couchait à tour de bras. On lui donnait des surnoms. Certains l'appellaient la polyvalente. Je ne peux pas te dire tout ça, tu risques de te planter cette fourchette dans la carotide. Je...Je suis désolé Fahd mais il faut que tu te ressasisses. Il y a plus grave qu'une fin de relation dans ce monde, et si tu persisites à t'engraisser comme une oie, tu aura très bientôt le loisir d'explorer toute la gamme de désagréments humains possible et imaginables. Tu as trente deux ans. Tu pourrais crever dans cinq ans. Crois moi, il y a plus grave que ça.

Je ne voudrais pas te visiter dans une clinique, je ne voudrais pas m'asseoir au chevet d'un légume sous perfusion permanente, Merde Fahd, reprends toi, vas voir un diététicien, remets toi en forme, achète un vélo d'appartement, comment doucement, brûle ce manteau de chair qui te va si mal. Regarde toi, tu es à cours d'oxygène, tu halètes , tu perds ton souffle. L'acte de manger te fatigue. Tu as la condition physique d'un embryon, une marche de cinq minutes te terrasserait. Quel déchéance quand même pour un ancien champion de triathlon.

Te rends tu compte de ce que cette fille t'a fait ? Allez, je vais m'impliquer personnellement dans ta renaissance. Je vais te suivre de près. je ne te laisserais pas craquer. Lundi, je t'emmène chez le médecin. Je viens te récupèrer à sept heures du matin et on ira te faire faire un petit check-up. Non Fahd...Non tu n'as la droit refuser. Je te l'impose, je suis ton ami, j'ai une obligation envers toi. Je ne vais pas assister à ton effritememnt les bras croisés. Et on fera en sorte de se voir tous les jours, je superviserais ton régime alimentaire, je calculerais tes calories. Tu ne réalises pas que si je fais ça c'est aussi, en partie, pour moi. Il faut que je croie en quelque chose. Pour Moi, Fahd est synonyme de santé éclatante, il ne saurait en être autrement. Tu redeviendras le Fahd d'il ya dix ans, tu réussiras, nous réussirons ensemble.

Fahd a l'air convaincu par ma proposition. Je l'aide à se relever de sa chaise. Nous vraiment partons de loin. Fahd a du mal à Marcher, il repose une partie de son poids sur moi et je le guide vers ma voiture. En chemin, il transpire à grossess gouttes, pousse des ahanements, il doit s'arrêter toutes les dix secondes afin de reprendre sa respiration. Oh oui nous partons de loin.

Quelques jours passent, mes résolutions vis-à-vis de Fahd s'emoussent un peu. On est Mardi, je ne l'ai pas appellé hier comme convenu. Je n'ai pas pris de rendez-vous avec le médecin. N'arrive t-il pas souvent au plus volontaire des amis, de céder sous la pression de ma routine, du travail, de l'ennui, ou plus simplement du desinteret. On s'eflamme sur le coup, on profère de vaillants discours pour ensuite, remiser tout ceci dans une cale au fond d'un grenier poussiéreux. Oui, j'ai failli à ma promesse.

Vendredi. Mon téléphone sonne à Quatre heures du Matin. Je ne reconnais pas le numéro, je laisse sonner deux fois puis réponds paniqué. C'est la maman de Fahd. Elle m'appelle en priorité ; normal, j'étais devenu son seul ami. Fahd a décedé d'une overdose de sucreries. Il était manifestement devenu diabétique. On l'a retrouvé gisant sur le sol de sa chambre, des barquettes vides de Mars et de Snickers le recouvrant. Peut être lui ai-je porté l'estocade final en suscittant une lueur d'espoir déçu dans son coeur, une autre, la dernière...

Je vais devoir vivre avec.

Rédigé par Reda Dalil le Samedi 27 Juin 2009 à 01:38 | Permalien | Commentaires (0)

Samedi 27 Juin 2009
La vie est un long fleuve de Moet Chandon  - My Blog
" Je me suis retrouvé devant mon anti-moi !"

Nous sommes dans une sorte de plage artificielle à Marrakech. Un dédale de stéréotypes pour jet-setteurs en villégiature. Des ilôts plantés aux quatres coins du bassin, des radeaux gonflables voguant paisiblement le long d'une surface d'eau peu houleuse, des filles en bikinis arborant une peau exagérement mate, des mecs aux corps disgracieux déambulants lentement un verre de vodka Red-bull à la main. L'endroit est couvert d'enceintes gigantesques crachant un trip-hop industriel à vous déchiqueter les tympans. Les serveurs sont en maillots, le gérant est en maillot, nous sommes en maillots, l'ambiance est en maillot, pour peu nous en verrions les jambes mal-rasées à l'ambiance.

Un lieu très atypique pour moi. Je m'y sens mal. D'autant plus mal d'ailleurs qu'Adil décide de me parler de son Boss.

" Je disais qu'il était mon antithèse, mon contraire, ma kryptonite."

"... C'est pas marrant tu sais, d'avoir bossé comme je l'ai fait, de m'être usé le cul dans des écoles d'archi, aux beaux-arts, pour en fin de compte, devoir faire ménage avec un virus de son espèce. Moi j'avais une vision assez romancé du boulot. Ca devait être une sorte d'aboutissement quoi ! le prolongement naturel et confortable de sept ans de galère. Je découvre et comprends ma douleur dès les premières minutes quoi. D'abord il me fait patienter deux heures avant de me recevoir Tu vois ! Ensuite, je rentre dans son bureau, je dis bonjour, et spontanèment je prend une chaise. Cette enflure ne dit rien, il me laisse prendre mes aises, me caler le cul bien profond, m'ajuster pour me sortir ceci : " Vous ai-je autorisé à vous asseoir". Non mais et puis quoi encore. Personne ne m'autorise ou pas à m'asseoir ,je m'asseois c'est tout. Celle là , on ne me l'avait jamais faite."

"... Bon , étant donné que c'était là mon premier jour, je voulais éviter l'esclandre alors je me suis relevé, je me suis mis debout comme une saloperie d'écoliers devant lui. Je le voyais pour la première fois. Nos contacts précedents avaient été téléphoniques. J'ai été recruté alors que j'entamais ma dernière année d'Archi, je ne savais donc pas à qui j'aurais affaire. L'offre était bonne, le salaire royal, le cadre sympa, le personnel moderne. Pendant un an, j'ai entertenu un excellent rapport avec la responsable RH, une jeune fille très serviable et qui plus et dotée d'un esprit vif et synthétique. Partant de son exemple, j'ai généralisé au reste de l'équipe sans jamais en avoir rencontré un membre. Je me trompais lourdement."

"...Enfin Bref, cet enfoiré me laisse debout pendant un peu plus d'une heure. Comme son bureau donne sur le boulevard Zerktouni, il passe toute l'heure à scruter le paysage urbain, me donnant constamment du dos. Je me suis coltiné sa nuque graisseuse pendant qu' il me briefait sur ma première mission dans un débit ultra rapide. "

"... En sortant, j'étais plus que dégouté. Je n'avais rien compris de ma mission, je sentais qu'à ce régime, j'étranglerais ce résidu de PQ usager au bout de deux semaines, plus grave encore, ce job dont j'étais si fier, avait pris l'allure d'un filet de pêche au fond duquel je gesticulerais impuissamment jusqu'à la névrose. "

"...Bon heureusement la fille des RH m'a aidé. Elle m'a rapidment mis dans le parfum s'agissant du Big boss. La haine qu'il génère chez ses employés n'a d'égal que les niveaux de salaires mirobolants qu'il sert. Ce bâtard se permettait de ravaler les gens aux rangs de vermisseaux gluants sous pretexte qu'ils étaient royalement rémunérés. Mais tu vois, moi je ne souscris pas, mais alors là pas du tout. J'ai une saloperie de dignité. Elle me joue des tours ma diginité dans un environnement ou elle n'est pas la norme, mais elle fait partie intégrante de mon être, je ne pourrais jamais m'en défaire, je me suis fait une raison."

"... Commence alors un martyr de trois mois. Une vraie catastrophe. Vers la fin, je faisais un rejet tel de ce mec qu'à plusieurs reprises, j'ai sciemment cherché à me faire licencier. J'ai égaré des plans capitaux, j'ai fait le rustre avec des clients importants, je suis même allé jusqu'à planté un rendez-vous au ministère des travaux publics ce qui nous valu la perte d'un marché de trente millions de Dirhams. Je voulais me casser certes, mais rien ne m'aurait fait plus plaisir que de couler la boite par la même occasion. je m'en fichais sec du sort des collègues, ces spectres minables mus par la peur du Boss. Tu les verrais se battre pour l'honneur de lui préparer son Nespresso. Tous des invertébrés, des poulpes, des êtres rampant avec que dalle dans le Froc . Tu verrais l'importance qu'ils prennent s'ils viennent à être convoqués dans son Bureau. Et son assistante, une chienne. Grignotant des miettes de son pouvoir, elle faisait régner un climat de terreur dans les Open space. Une apprenti libanaise, au parler grossier, à la démarche graveleuse, aux airs méprisants. C'est simple, chaque matin, je ne vois d'elle qu'une paire de lèvres magnifiées par un rouge criard, bon marché. Une vraie cicatrice purulente cette fille. Tu me vois, moi, me prosterner devant la toute puissance d'une demi-mondaine, salariée le jour, libertine la nuit. Non mais, et mon cul c'est du caviar? "

"... Malgré toute l'abnégation que j'ai investi dans mon départ forcé, je ne suis arrivé à rien. Ce mec là était un irrationnel. Selon La nana des RH, depuis qu'il avait lu la Firme de Grisham, le Boss s'était mis en tête d'appliquer les règles du Cabinet Bendini ou j'sais plus quoi. Quand tu intègres son groupe, tu l'intègres à vie, on s'occupe bien de toi, on te trouve des crédits à taux Zéro pour financer ta caisse, ton appart, tes meubles, tes fringues, la totale. Ce taré voulait créer une confrérie, une sorte de société secrète. Son management reposait sur un pacte nippon : le travail à vie, l'épanouissement dans l'entreprise, le sens d'appartenance...Enfin bref, une batterie de connerie. Et, Effectivement. Depuis la création de cette société en 2004, ils n'ont eu à déplorer aucun départ, aucune défection, aucune démission, aucune fuite, rien. Le mec se donne carte blanche lorsqu'il s'agit de vous humilier un en publique, de vous contraindre à vous prosterner devant sa toute puissance, mais on acceptait, on supportait car on se savait intouchables, on se savait jouant une figuration éternelle dans un tout. La crise actuelle aidant, les employés sont prêt à concèder tous les sacrifices pour assurer leur pitance mensuelle. Voila à peu près le topo. C'est drôle hein ?"

Oui, c'est pour le moins Déroutant, mais ou veux-tu en venir Adil ?

"... Le Hic...et bien, le Hic, c'est que ton pote Adil a crée LE précedent qui tue. J'ai réussi à "m'extirper de l'étau". "

T'extirper de quoi ?

"... Euh, De l'étau. Laisse tomber, des années de lectures qui remontent subitement à la surface. En gros, j'ai pu déguerpir. Tu veux savoir comment My friend ?"

Dis Toujours.

" J'ai niqué sa femme au Patron. Aussi simple que ça. Au bout de trois moi, j'ai déployé tout ce qui était humainement possible pour quitter le navire. J'ai agressé un comptable, j'ai peloté une femme de ménage, j'ai posté une vidéo sur youtube dans laquelle j'ai publiquement communiqué la stratégie de l'entreprise, ces prinicpaux clients, les chiffres d'affaires, les prospects... Je m'absentais un jour sur deux, je foutais plus rien. En d'autres termes je n'en avait plus rien à battre. Certes, Je pouvais partir, juste disparaitre comme ça, mais au fil des jours, je m'étais fixé comme but de me faire virer, je voulais cette convocation dans son bureau, je voulais voir sa gueule se contortionner, ses traits se travestir sous l'effet de l'echec. Je voulais qu'il se rappetisse devant moi, qu'il ressemble à un moins que rien. Alors, le miracle est advenu. Comme cette enflure a fait fortune sur le tard, par un classique reflexe d'arriviste, il a débarqué son ancienne femme pour épouser une jeune bombe un peu space. Tu vois la hippie new age de service, un peu barj, très libre mais très effacée. L'ingenué par excellence, beaucoup de sex appeal sur une fond de pureté et de sincérité totales.

Je n'en ai fais qu'une bouchée.

On l'a fait dans les chiottes du Hyatt à l'occasion d'une fête annuelle. Très simple, je me pointe avec une demi-bouteille de Get 27 dans le citron, je la repère, je lui sors tout ce que je sais sur la méditation transcendante, je lui avoue mon culte bouddhiste, je m'émeut des problèmes que vit le Dalai Lama, ce saint, ce grand homme, cet incarnation humaine de Sydhartta. Et hop, en deux temps trois mouvements, je suis en elle. Trois ou quatre va-et-vients plus tard, alors que je me reboutonne le pantalon, elle s'etait déja mise à chialer sous le coup d'un reflux gigantesque de culpabilité. " Il faut que je lui dise" Larmoie-t-elle dans un état de semi-béatitude. " Et bien soit" dis-je " Vas y, tu lui dois bien ça". Et voila, mon sort chez Benki&Benki était plié. Le Lundi d'après, je reçois ma convocation. Et cette fois ci, il me regarde droit dans les yeux, me laisse m'asseoir, me tend une feuille retournée, j'en lis le contenu. Surprise, j'ai même droit à une indémnité pour licenciement abusif, Deux cent mille Dirhams. Quand je me lève pour quitter son bureau, il me sort : " Vous pouvez partir dès aujourd'hui". Je n'en attendais pas moins. Je suis parti. Et voila. Cette histoire remonte au mois dernier. Depuis, je suis abonné au Nikki Beach, la vie est une long fleuve de Moet-chandon, et en prime, sa femme le quitte pour moi. Manifestement, mon bouddhisme lui a fait de l'effet, elle veut partager sa vie avec moi et Devines le meilleur ? Elle chie le fric, plus " plein aux as" qu'elle tu décedes sur place d'un arrêt du myocarde. Si ça se trouve, je n'aurais plus jamais à cravacher pour du salaire. Hmmm c'est si bon tout ça...".

Quel chien !
Rédigé par Reda Dalil le Samedi 27 Juin 2009 à 01:36 | Permalien | Commentaires (0)

Samedi 27 Juin 2009
Vivons heureux, Vivons Cons !  - My Blog
Ecoutes Jamal, tu peux passer ton temps à répeter : celui ci est médiocre, celle là est conne, cet autre est stupide, ils sont tous bêtes. Tu peux écouler une vie à te dresser contre le niveau ambiant, tu ne le feras pas bouger d'un pouce pour autant. Fais comme moi cher ami, aveugle toi à cette réalité, considère là comme invisible, inexistante, passe outre, traçe ta route, adapte toi à ton environnement. Tu es marocain et tu le resteras, il ne sert à strictement rien de se dêchainer contre ta propre nature. Et puis, tous ces défauts que tu leur trouves à tes concitoyens, en est tu exempté par droit divin ? Es tu sur d'en avoir réchappé ? Pose toi cette question capitale : De quelle manière es-tu toi, Jamal, différent de la norme. Comment et pourquoi on t'aurait conçu autrement ? Es tu l'exception qui confirme la règle ? Et si oui, de quelle façon ?

" Non, je ne prétends pas être une exception ou un cas unique, je dis juste que les choses ne changent pas dans ce pays. En revenant d'Amérique, je m'étais convaincu qu'il y aurait une surprise à la clef. J'avais plaçé beaucoup d'espoir dans mon retour. Je m'étais raconté des histoires, en fait, j'avais cru les histoires qu'on me racontait. je me rends compte aujourd'hui que mon retout fût une grossière erreur. J'ai été piégé par une idéalisation irrationelle de mon pays. Dix ans passés ailleurs te feront cette effet crois moi. On a besoin de s'accrocher à une alternative douillete. Quand tout va mal, on se dit qu'en dernier recours, un retour au pays est toujours possible. Sérieusement, on s'y accroche comme des sauvages. Et, au bout de quelques années d'exil, tu jettes un regard tendre sur ton passé, ton pays. Par je ne sais quel processus mental complexe, tu laves tes racines de toutes leurs lacunes, tu te réappropries par la pensée, un pays renouvellé, une sorte de jardin d'Eden, tu refoules toutes les raisons qui t'ont poussé à prendre le large. Ah le Maroc, bien des fois, tu te surprends à dire " Jamais un fils du pays ne m'aurait fait un coup pareil" ; " jamais un patron Marocain n'aurait pris une décision pareille" . C'est humain, c'est comme ça, on s'accroche à une mini-note d'espoir, une qualité intégralement positive ce greffe sur ce concept diffus de mère-patrie. "

"... Moi, je n'ai jamais vraiment souffert de mon statut d'étranger en Amérique. je n'ai jamais eu à déplorer un quelconque incident xénophobe. Je n'occuppais pas les postes ou une manifestation de haine est possible. j'ai toujours évolué relativement en haut de l'échelle. Dans ma sphère, cette notion de rejet n'a jamais été d'actualité. Pendant dix ans j'ai écrit des articles scientifiques autour des Nanotechnologies à L'université d'Arizona. Tu vois, j'ai pratiqué des chercheures, des profs, des spécialistes dont la plupart ne sont pas Américains de souche si je puis dire. Par conséquent, me dire que l'attrait du pays ait été la résultante d'un mécanisme de rejet, serait entièrement faux. Bien au contraire, mon intégration ne faiiait même pas l'objet d'une interrogation. j'avais une compétence, on mettait sur le même plan ma présence et ma compétence. J'étais une savoir-faire vivant c'est tout. Personne ne s'est posé de questions à propos de mon appartenance éthnique, de mon pays d'origine. A ce niveau là, je n'ai ressenti aucune souffrance."

"...Mais voila, j'ai vite fait de digérer ma situation. Elle m'était devenu d'abord normale, puis insupportable. Le respect que me témoignaient mes pairs devenait chose banale. j'en étais arrivé à m'attendre à ce type d'égards. A aucun moment ai-je estimé devoir refaire mes preuves dans un autre contexte de vie. Lesté de cette vanité, je suis revenu en espérant me faire dérouler le tapis rouge. Si, au beau milieu de l'intellitgenstia américaine, j'arrivais à tirer mon épingle du jeu, susciter la déference chez mes concitoyens, devenait une promenade dans le parc m'étais-je dis. je me trompais."

" J'avais dans l'dée d'utiliser mes percées en matière de nanotechnologie afin de proposer des application pratiques au gouvernement marocain. Mes recherches avaient résultés sur la conception d'outils fascinants dans le domaine de la géolocalisation terrestre mais surtout, aérienne. J'avais dévelloppé un Logiciel capable de facturer la présence sur nos installations aéroportuaires, d'un avion appartenant à une compagnie étrangère. Les méthodes précedentes étaient largement axés sur l'hypothèse et la conjecture imparfaite. Mon innovation consistait à conférer une base de calcul rationnel à ce type d'opération. J'étais confiant."

"On m'a laissé faire ma présentation, on a pris le temps d'écouter. Suite à mon exposé, de très hauts responsables, des dignitaires de notre pays m'ont témoigné leur gratitude, me disant être fier de mon patriotisme, de mon intelligence, de cette volonté que j'avais de donner du lustre, un essor un mon pays. Ils se sont relayés pendant une heure pour me bâtir un piédestal, et puis, ils ont promis de m'appeler dans deux jours pour entamer une première série de pour-parlers avec les instances dirigeantes de notre réseau aéroportuaire..."

"... Je n'ai jamais reçu ce coup de fil. Cet épisode remonte à trois ans maintenant. Le pire, Quelques mois après cette réunion, le ministère chargé de l'équipement a lancé un appel d'offre à l'internationale. Ils ont selectionné une entreprise Canadienne pour faire le travail sur la base de ma propre technologie. En effet, ayant été rassuré sur nos chances de monter le projet ensemble, j'avais malencontreusement cédé à la demande d'un responsable et lui avait remis mes plans et mes schémas pour les besoins d'une examination poussée disait-il."

" Oh tu les aurais vu mon ami, quelle bassesse, le festival des courbettes. Des dignitaires, je t'explique. Il m'est apparu à un instant qu'au vu de leurs gesticulations, leur véritable désir était que je dépose une pièce ou deux entre leurs mains. Quel absence de scrupules. Comment voulais-tu que je me méfie. J'avais affaire à des gens importans donc responsables m'étais-je dis. En outre, ils suintaient de bonhomie, de gentillesse, ils ont montré de l'interêt, un souci de réussir des choses, d'exécuter le plus rapidement possible, de travailler. Pour un scientifique, l'interêt est fatale. On peut tout faire faire à un chercheur si on simule de la curisoité vis-à-vis de son travail. J'ai été berné par leur comédie. "

" Ils n'ont plus rappellé, n'ont plus donné signe de vie, n'ont plus répondu à mes sollicitations. Et aujourd'hui, je n'arrive pas à me depêtrer mentalement de cette histoire, je la ressasse, la rumine. Il me vient des envies de vengeance tu sais ! Demain, on me propose de faire de la contre-intelligence visant ce pays, je n'y reflechirais pas à deux fois. Je veux prendre ma revanche, c'est là l'unique volonté qui m'anime, l'objectif qui me maintient en vie. "

" Et tu vois, cette mésaventure m'a desillé les yeux. j'ai commencé à remarquer certaines choses. L'irrespect des files d'attentes, la saleté permanente, la mendicité, les bassesses, les pot-de-vins, la fourberie, l'arnaque, les tromperies en tous genre. J'ai perdu espoir en ce pays. S'il n'en était de ma famille, je plierais baggages pour rejoindre mon université en Arizona. j'y vivais mieux, j'étais entouré de gens nobles et honnêtes. Je vis dans le regret de ce passé la, mais bon tu vois, j'ai des gosses à l'école, ma femme a des attaches...Enfin bref. "

" Paradoxalement, mon retour au pays m'a permis de réaliser à quel point je n'y étais pas chez moi. Chez moi, c'est là-bas. je me suis approprié ma culture d'adoption en évoluant dans mon environnement natal. Aujourd'hui, j'ai choisi mon appartenance nationale et celle ci se trouve définitivement outre-atlantique. Le doute n'a plus de place dans mon esprit. Je finirais ma vie en Amérique parmi les miens. Et, pour répondre à ta question . Oui, je me sens différent, oui, j'estime être une exception, tout autre appréciation de mon rôle, de mon essence me serait fatale. Si, par une révélation prophétique, il s'avèrait que je partage les attributs de ces gens, de ces crapules, je 'aurais plus qu'une seule alternative, me vider un chargeur dans la tête... "

Les péripéties de Jamal sont un classique du genre. Un modèle d'inadaptation par le haut. Passé un certain niveau d'excellence, il apparait comme judicieux de ne pas élire domicile et profession dans notre cher pays. C'est là une vérité implacable. Le degré d'incompréhension est une force par trop intense. Nous vivons dans le monde de la simplicité. Si l'on devait résumer notre patrie à une phrase, ou plutot, à une injonction, celle ci serait " Fait plus simple". La naissance d'un raisonnement complexe ne sied pas à nos compatriotes. L'effort mental est honni de la base jusqu'au sommet de la pyramide. Ici, il vaut parfois mieux faire pitié qu'envie. Nous nous prosternons certes, devant l'écrasante domination intellectuelle d'un étranger, mais dès lors que celle ci émane d'un des notres, nous y decelons de la suspicion, nous y accolons de l'envie, une jalousie malsaine. Nous nous disons qu'une telle brillance ne saurait être le fait d'un autochtone. Tel est le degré de confiance que l'on s'inspire mutuellement. Nous ne pouvons souffrir qu'un Marocain en dépasse un autre. Ce phénomène s'apparente à un communisme intellectuel. Certes, ils est admis que les richesses soient injustement réparties, en revanche, les dotations en intelligence ne sauraient découler de contrastes patents. De plus en plus, un mot d'ordre terrible étend son joug sur nos mentalités abatardies : Vivons heureux, vivons cons.
Rédigé par Reda Dalil le Samedi 27 Juin 2009 à 01:34 | Permalien | Commentaires (0)

Samedi 27 Juin 2009
Drôleries et autres Pleurnicheries  - My Blog
" Pourquoi tant d'acharnement ? Pourquoi devrait-on trancher, en finir, pulvériser un passé commun...? Je ne sais pas, ça me dépasse. Je ne veux plus y refléchir. "

Bien Alors, on pourra enfin parler d'autre chose.

" Non sérieux, tu ne trouves pas que la volonté est suréstimée de nos jours. D'accord on peut s'armer d'une volonté de fer pour finir un projet, terminer un travail. Dans ce cas, ce n'est que de l'ambition poussée à son paroxysme. Je n'ai aucun problème avec ça. Dès lors que l'objet de cette volonté transcende l'aspect humian des choses. Dès lors que le but désiré est quantifiable, oui, je dis qu'une volonté trempé dans l'acier est utile voire salutaire. En revanche, lorsqu'il s'agit d'un rapport humain, la volonté de s'extirper de l'emprise d'un être cher, se transforme en tare. A mon humble avis, s'agissant d'un lien affectif, il faudrait se torcher avec ce principe d'endurance sentimentale. A quoi ça m'avance de m'interdir la compagnie d'une personne que j'aime ? Hein tu peux me le dire ? A que dalle cher Ami. Ca me trucide les entrailles, voila ce que ça me fait. Je vis dans le souvenir d'une odeur, d'une attitude, d'une démarche, d'une retenue. Merde ça ne peux pas durer, je vais l'appeller".

Elle se précipite sur son portable mais, d'un geste sec, je lui plaque la main contre la table.

" Non , tu n'as pas le droit de m'y empêcher. Je m'en fiche de ce que tu penses, tu n'es pas important, tu n'es qu'une putain de paires d'oreilles, basta. Tu n'as aucun droit de jugement sur mes faits et gestes. Si je veux l'appeler, je l'appelle..."

Non, tu ne l'appelleras pas. Je t'aime bien Rita tu sais mais tu ne feras plus de moi l'otage de ta passion. J'ai passé trop d'heures à t'écouter gémir sur ton sort, sur cette relation poisseuse , sur la déprime dans laquelle elle te plonge. Maintenant que tu as réussi à tenir trois semaines sans ramper vers lui, tu es sauve mon amie, l'addiction est levée, reste uniquement cette arrière-goût de nostalgie, cette vague tentation à éliminer. Tu y es presque. Au nom de notre amitié, je te demande de ne pas céder.

" ... Mais moi je m'asseois sur notre amitié, je défèque dessus, tu comprends ça l'ami. Je m'en contre-fiche de toi, ton rôle est d'écouter voire parfois, de compatir, d'offrir,comme ça, en passant, des pistes de solutions à mes problèmes, c'est tout. Ne viens pas me faire un cours magistral sur qui je peux ou ne peux pas appeler. C'est mon problème pas le tien. Alors, t'es gentil, casse toi. je veux plus voire ta gueule, me coltiner tes reflexions de pseudo-intellectuel de mauvaise augure. Je les abhorre les gens comme toi. Juché sur ton pupitre académique, tu raisonnes en scientifique sur des histoires qui sont à des années lumières d'une quelconque rationalité. Tu me fais de la peine. Tu creveras seul comme un minable. Tu crois qu'à 70 ans, ta bibliothèque de merde se fera pousser des jambes et des bras pour t'emmèner pisser, tu crois qu'elle te torchera le cul cette putain de bibliothèque, tu penses raisonnablement pouvoir la prier de t'administrer tes cachets pour grabataire à l'article de la mort ? Et bien tu peux toujours te gratter. Tes bouquins te regarderons pourrir comme les objets inanimés qu'ils sont. Tu n'as pas idée de la somme de pulsions qui régissent ce monde cher ami. Oui, je veux sauver ma relation, oui j'y crois, oui j'ai l'espoir d'influer sur le cours des choses en me manifestant, en appellant, en suppliant. Je veux supplier, je veux faire tout ce qui est en mon pouvoir pour récuperer le mec que j'aime pauvre cloche. C'est ce qui me définit en tant qu'être humain. Cette lutte pour mon bien, pour ma santé mentale, pour mon bien-être amoureux. Hormis cette pile de livres que tu prétends avoir lu, tu as autant d'experience qu'un foetus en relations humaines, réelles, organiques. Tu ne sais rien. Tu regardes l'homme comme un agent social aux comportements prévisibles. Voila ce que tu fais ? Et ça t'avance en quoi Hein Dis moi ? Tu dragues mieux avec ça, tu te fais plus de meufs, ton téléphone se désintègre sous le nombre d'appels que tu reçois ? Tu en fais quoi de ton érudition de merde ? Tu discutes avec en regardant un DVD ? Tu lui commandes une pizza le soir ? Vous sortez boire un verre en tête à tête ? Tu la pelotes ? Tu en tires une fellation avant de dormir ?"

" Pour moi, en fait, t'es qu'une bête gluante, une sorte de chien errant quoi ? Pas d'attaches, pas de famille, des amis surfaits. Je ne connais personne qui veuille te rendre un service, tu le sais ça ? Vas y, demandes à de tes potes de te prêter cent balles. Dis que t'as une petit problème de carte guichet et demande s'il n'a pas cent balles à te refiler. Tu serais étonné de la réponse. Il t'enverra chier aussi sur que t'es une enflure de gros con vaniteux et froid. Je te plains, franchement, je te plains. Je me trancherais les veines avant de te ressembler. Tu es tout ce que je ne veux pas devenir. Une statue d'insensibilité distillant dogmes et lecons de morale. Carre les toi bien dans le cul tes leçons de morale."

" Et tu sais quoi, me dire que je te rabats les oreilles avec mes problèmes. Je te pose une question ? Pourquoi tu supportes mes jérémiades ? T'es un homme libre. T'as qu'à me dire Rita mon amie, jusqu'ici tu ruissellais de bonne humeur, ta compagnie m'amusait, mais aujourd'hui tu me vois dans l'obligation de ne plus jamais respirer ton oxygène, tes problèmes m'agacent, ils me gâtent ma quiété, je jette l'éponge, ne m'appelles plus"

" Oui, tu pourrais le faire Non ? Or, tu ne le feras jamais et je vais te dire pourquoi ? Parce que , tu vois, quand bien même, mes pleurnicheries t'obligeraient presque à te broyer les couilles de colère, tu n'y peux rien, cette petite lueur d'humanité qui subsiste en toi, qui n'es pas encore morte, a faim de personnes réelles, elle a faim d'échange, de dialogue. Certes , tu en as élagué la meilleure partie, tu n'es plus capable d'aimer, mais tant que tu respires, que tu te laves, que tu ne sors pas à poil dans la rue en jouant de ta bite devant de pauvres piétons effrayés, cette voix te contraindra à écouter mes conneries, à les analyser, à compatir, à essayer de trouver des réponses. Tu joueras à l'ami même si ça t'en coûte un max, tu n'y peux rien. Et en tant qu'ami, je veux que tu te cloue ceci dans la caboche. Moi, j'aime ce mec, je suis encore capable d'aimer, et que tu le veuilles ou non, je vais prendre ce téléphone, je vais composer son numéro, et je vais chialer toutes les larmes de mon corps en espèrant qu'il me reprenne. Mieux que ça, tu seras là pour assister à la scène, et tu réprimeras ton dégout, tes hauts-le-coeur, ta morgue d'intellectuel à deux balles pour me tenir la main. Tu vas me soutenir, je ne t'en donne pax le choix. Capiche ?"

Oui chère amie Capiche.

Elle appelle, l'autre ne réponds pas. Elle rappelle, il lui raccroche au nez, elle est effondrée, elle verse quand même toutes les larmes de son corps, j'y vois là une opportunité, je m'entends dire que dans son état, elle ne devrait pas passer la nuit toute seule, je l'emmène chez moi, deux bouteilles de mauvais vins sont descendues, un dialogue psychédélique se construit puis se défait, sa douleur se transmue en zèle érotique, je le sais, je l'ai prévu, je la porte dans ma chambre, la dépose sur mon lit, me sers une grosse louche de rapport organique dans son corps et, le matin suivant, lorsque j'ouvre les yeux, miracle, elle me sourit, oui, elle me sourit...

Les agents sociaux sont bien drôles !
Rédigé par Reda Dalil le Samedi 27 Juin 2009 à 01:32 | Permalien | Commentaires (0)

Jeudi 18 Juin 2009
Légendes personnelles.  - My Blog

A quoi ça tient de se bâtir une légende personnelle ? Quel genre de sacrifice doit on concèder ? Comment doit on s'y préparer ? Quelles sont les questions qu'il faut se poser ? Dans quelle voie doit on creuser et creuser encore ? Comment sait-on qu'on ne s'est pas trompé de trajectoire ? Mon ami de toujours Farid se pose les mêmes questions :

" J'ai à peu près tout essayé il faut dire, j'avais une obsession, il fallait que je sache à quoi j'étais destiné, j'ai donc cultivé toutes les options. Après mes années Fac, j'ai bossé comme tout le monde, j'étais cadre dans les assurances. Très vite, je me suis ennuyé, les réunions infertiles, les rapports qu'on ne lit jamais, l'absence de feedback, la somnolence des supérieurs, l'innaccessibilité des directeurs, la veulerie des collègues, le clash des ambitions, autant de représentations de la vie proffessionnelle que j'ai appris à hair. Enfin, Hair, est un bien grand mot, disons que j'y était vraiment indifférent, je n'étais pas dans la compétition, je ne me reconnaissais pas dans les enjeux, le personnel sautillait dans les couloirs se lançant des adjonctions, se remettant des liasses de papiers, s'interrogeant sur l'humeur des patrons, faisant toute sortes de choses. Je m'étais vite isolé. Ma réponse à l'ennui fut de boucler mes tâches en deux heures avant de me mettre à lire, oui, je lisais, je dévorais des livres entiers, les patrons ne venant jamais taper à ma porte, j'avais l'immunité de l'invisible. Une grande liberté m'était donné. Mon rôle se résumait à faire le compte-rendu sommaire de réunions tentaculaires pendant lesquelles aucune décision n'était prise, je m'appliquais à rédiger de bons rapports, mon salaire étant uniquement indéxé à ces PV, j'en faisais des petites émeraudes, je bossais pour la postérite, je voulais laisser des traces. Ma motivation : qu'un employé dans une vingtaine d'années , déniche mon travail, se débrouille mon contact et me félicite pour la qualité de mes rapports. C'est bête, mais c'est comme ça, je bossais pour ma postérité. En quelques mois, ma stratégie d'isolement ayant porté ses fruits, on a eu de plus en plus de mal à se rappeller mon nom, il se passait parfois deux mois avant que je re-croise certains collègues, et, pendant les deux ans qu'à duré ma carrière dans les assurances, j'ai eu trois conversations avec mon supérieur. Lorsque je lui ai déposé ma démission, il a plissé les yeux, a mis ses lunettes, m'a observé pendant environ deux minutes, puis a juste dit : " bonne chance Mr.." consultation de la démission : " Farid". Voila c'en était fini de Farid Job Saison 1. Peu de temps après, j'ai accepté un job de Contrôleur de gestion dans une compagnie Transnationale. Belle activité au départ, un sens de l'urgence, des procédés à mémoriser, un jargon à maitriser, en gros, un challenge. Cependant, une année plus tard, plus rien, la redondance s'installe, les discours deviennent typés, les réactions prévisibles, les collègues uni-dimensionnels. L'ennui se réinstalle. Sauf que cette fois ci, un élément nouveau me sauve de la désilusion. L'écriture. Mes nombreuses lectures, assez naturellement, m'ont incité à taquiner la plume. Je me suis mis à écrire, beaucoup, n'importe comment. Comme tout néophyte, mes écrits ne s'inscrivaient nullement dans la clarté, j'en faisais une vitrine d'exposition, une manière de combiner aléotoirement du vocabulaire avancé, j'en faisais une immonde ratatouille. Bien sur, mes amis ne tarissaient pas d'éloges sur ma prodution littéraire. Leur enthousiasme m'a fait perdre des années de progrès. En me fiant à leur critiques, j'ai continué à faire encore plus compliqué. Eux, moins ils comprenaient plus ils s'assuraient de mon talent. Mon style alambiqué rendait une quelconque analyse lucide de mes textes impossible, alors, on disait aimer pour éviter de parler, d'avancer un argument. Avec le temps, j'en suis arrivé à me convaincre que je pouvais prétendre à une publication. Aussi, j'ai écris un livre. J'ai passé un an à écrire. je me suis armé d'une discipline, j'ai sacrifié ma vie sociale, ma compétence professionelle, je me faisait une idée glamour de la vie artistique, je voulais vivre de ma plume, porter des manteau en cachemire et m'entourer le cou d'un châle en nubuck, je voulais qu'on fasse un papier sur mon bouquin dans vogue, je voulais y apparâitre, m'enfonçant la tête dans les épaulettes de mon manteau, je voulais que la séance photo ait lieu à paris, à l'aube, et j'aurais aimé qu'un souffle froid me sorte de la bouche. Dans ce livre, j'ai étalé tout ce que mon esprit renfermait de flou, de compliqué, j'y ai dépeint le quotidien avant-gardiste d'un fou furieux s'amusant à inviter de jolies petites minettes dans son duplex avenue Racine afin d'en administrer les corps à des tortures innommables. Ayant donné libre cours à mon imagination, j'ai accouché d'une oeuvre gore, suintante d'hémoglobine, repoussante, gluante. Pourtant, je m'étais convaincu tenir là un chef-d'oeuvre de créativité. Mon personnage me disait-je révolutionnerais le paysage littéraire de ce pays. Il ne pouvait en être autrement. Qui d'autre aurait pu imaginer un protagoniste aussi décalé, un composite humain à ce point psychotique et bipolaire q'une de ses passions était de fantasmer sexuellement sur une paire de Nike air jordan Model 88. Une folie furieuse. Le manuscrit fût rejetté par toutes les maisons d'édition. L'une d'elle m'a enjoint une lettre assez explicite comprenant cette phrase " Nous avons résisté à la tentation de vous reporter à la police criminelle". Ces malheureux, en lisant mon bouquin, s'étaient vraisemblablement sentis investis d'une mission de salut publique, ils ont voulu éviter un homicide... Enfin, cet épisode m'aura convaincu d'abandonner net tous mes rêves de prestige littéraire. Dans l'intervalle, je m'étais très sérieusement éloigné des problématiques de mon job. Mes début prometteurs m'avaient garanti une certaine stabilité, je me reposais sur mes acquis, enfin jusqu'au moment ou j'ai surévalué un cout moyen pondéré de 1500 %. Erreur fatale, tous nos budgets furent détraqués, résultat : mon patron ne pouvait plus défendre mon cas. Je fus licencié. Heureusement, j'obtins une excellente indemnité..."

"... J'avais du temps, de l'argent, je me suis donc trouvé une alternative de vie, une autre manière de réussir ma légende personnelle : la musique. A Huit ans, mes parents, par conformisme, m'avaient fait prendre des cours de guitare classique que j'abandonnais au bout d'une année par manque d'interet. Cependant, j'ai continué à gratter à mes heures perdues. je connaissais les accords de certains tubes de Nirvana, offspring, Green Day... En gros, j'avais été, à l'image des jeunes de ma génération, victime de la culture grunge. Armé de ces minces dispositions musicales, j'ai eu dans l'idée d'écrire un album acoustique. Encore une fois, les chansons ont plu aux mêmes amis, et, encore une fois, mon narcissime a frappé. Je me suis, contre toute logique, convaincu de mon talent musical. En conséquence, j'ai investi 200 mille Dirhams dans la location d'un studio d'enregistrement, j'ai engagé un batteur et un bassiste et, mu par une ambition dévorante, je me suis barricadé dans ce studio pendant deux mois. Le résultat : un album syncrétique, mélange ingrat de ska, de reggae, de rythmes gnaouis, le tout, assaisonné par une utilisation abondante de synté façon eighties. Un pot pourri assez ragôutant selon toutes les radios qui ont refusé son passage. Je suis allé jusqu'à proposer 10 mille dirhams à un animateur pour diffuser " Thirty ", mon supposé single, le morceau le plus abouti de l'opus et celui que je considérais être le moins à même à m'attirer un procès pour plagiat..."

"... Enfin voila, j'ai tenté pas mal de choses, j'ai voulu aller au bout de mon potentiel, j'ai poussé mon destin jusqu'aux derniers retranchements, j'ai voulu vérifié par les faits que chacun d'entre nous possède une vocation, un don, un talent caché. Ma conclusion : il n'en est rien, nous sommes pour les plupart de simple généralistes, doués pour l'ensemble mais inapte à l'excellence unitaire. Tu sais, parfois nous nous moquons d'une personne en disant : " Il maîtrise ses calculs mais il est pas foutu de connaître la capitale du chili", nous nous acharnons à humilier tout spécialiste dépourvu d'ouverture sur d'autres horizons, or, nous nous trompons sur toute la ligne. Ces gens là ont capturé leur légende personnelle, ils sont faits pour ce qu'ils font. Voila ce que c'est que de trouver son périmètre, c'est justement d'être fait pour ce qu'ont fait. Mes recherches m'ont prouvé ceci : On ne trouve pas sa voie, celle ci s'occupe elle même de nous trouver. J'estime aussi que, passé l'âge de trente ans, si on souffre de cette gêne permanente, si cette petite voix vous souffle constamment que votre boulot est merdique, que votre vie injuste, qu'il vous faut une bouffée d'air frais, un changement, ignorez là, etouffez là, ne vous y fiez pas, elle n'est que l'expression d'un commerce de sable populaire, si vous n'avez pas rencontré votre légende à trente ans, continuez à faire ce que vous faites, ne prenez pas de virage, construisez tranquillement un chemin alternatif, celui ci ne sera peut être pas aussi palpitant qu'un autre, mais au moins il existe, il est bien réel, il est lucide, soyez lucide..."

Je me suis toujours dit que la chance n'était pas une notion ponctuelle. L'opportunité est ponctuelle, la chance s'inscrit dans un continuum temps plus large. Assez naivement, je pense à la réussite du Mcdo. La croissance exponentielle de cette franchise pose une question clef : Comment se sont ouvertes les vannes de l'opulence pour ce géant du Fast-food ? La chance initiale a duré, elle s'est perpétué, elle a fait des petits, elle a chevauché toute les décisions. Lorsque les responsables de cette châine ont introduit les Nuggets alors que les joyaux de la couronne, les pièces maîtresses étaient les Hamburgers, on aurait pu assister à une déconfiture, à un échec classique endommageant une réputation institunionnelle... Or, il n'en fût rien, Les nuggets se sont imposés, idem pour le Mcflurry, Le sundae, Les potatoes, Le McArabia plus recemment... Des choix contestables ont bénéficié d'une chance d'origine illimitée dans sa portée. La chance n'est pas une affaire de minutes, dire qu'il faille saisir sa chance est un non-sens, on ne saisit pas sa chance, on l'a c'est tout, on l'a.

Farid ne l'a pas, il ne l'a tout simplement pas. Il pourra s'activer jusqu'à la fin de sa vie à déterrer sa légende personnelle, il n'y arrivera pas, la générosité du destin n'est pas son allié. Il ne créera pas sa chance, une chance ne se crée pas, elle se décrète en haut lieu et tel l'univers, elle s'étend, elle grandit, elle nimbe une vie de ses bienfaits, elle trouve des voies, des solutions, des relances, des re-démarrages, de l'espoir réalisé, en somme, du bonheur. Désolé Farid...
Rédigé par Reda Dalil le Jeudi 18 Juin 2009 à 13:29 | Permalien | Commentaires (0)

Jeudi 18 Juin 2009
Générations.  - My Blog
" C'est vrai qu'ils ont un côté réconfortant, on s'y assimile, ils vous prennent sous leur aile, vous guident, vous évitent des embûches, enfin, disons qu'ils se rendent utiles."

Majda est assez mitigée par rapport aux seniors de son entreprise. Aujourd'hui, elle pratique une langue de bois imparfaite pour en parler, elle est dans la correction, dans le cliché, elle emprunte les avis collectifs, parle d'expérience, considère le vécu comme une richesse inégalable, elle témoigne d'un besoin d'apprentissage, elle dit aimer ses seniors, il n'en est rien. Ayant attérie dans une compagnie semi-publique, elle se heurte de plein fouet au gap intergénérationnel, elle veut en tempérer les effets, elle n'y arrive pas vraiment. Il ne lui faut pas moins de quelques minutes pour exposer son véritable sentiment.

" Oui, je les aime bien finalement, oui bon ben, ça va j'essaye d'en tirer des choses, ils sont utiles quand même, tu ne trouves pas, en même temps, je n'ai pas trop le choix, le verre doit être à moitié plein, c'est comme ça et pas autrement. L'année dernière, la boîte a proposé un plan de départ volontaire aux employés dépassant les 55 ans, autrement dit, 71 % du personnel, en nombre ça donne à peu près 1800 personnes. En bout de course, seulement 130 séniors ont décidé de partir, 130, rends toi bien compte, 130 sur 1800, ça ne fait même pas du 8 %. Le management avait tablé sur 750 départs, ils avaient, dans une réunion officieuse, jugé ce chiffre en deça des prévisions réelles. En réalité, les patrons avaient assortis les retraites anticipées d'indemnités à ce point conséquentes qu'il était naturel d'esperer un succès retentissant à l'opération. La douche froide. ils sont restés, ils ont fait leur Mc Mahon, ils y sont, ils y restent. Les syndicats ont vociféré, les menaces de grève ont volées, un vrai bordel, une prise d'otage du personnel pendant six mois, des tracts, des réunions survoltées, des comités d'entrepises houleux, du n'importe quoi..."

"... Moi, je me pose une question. Pourquoi s'incruster quand on vous propose un pont d'or pour débarasser le plancher hein ? Explique moi ça si tu le peux. je vais te dire, moi, à mon âge, j'aurais accepté ce putain de package, je me serais payé des vacances, et j'aurais monté une petite merdouille du style, je ne sais pas moi, une agence d'évenementiel, j'aurais embauché une joli brochette d'hôtesses d'acceuil, des petites minettes aux culs frétillants, et je les aurais envoyé prospecter. Enfin , là je m'égare un peu. Mais tu saisis ce que je veux dire, quand on vous tend une perche, vous l'empoignez à vous lacèrer les paumes. Faut arrêter avec cette obsession du travail, de l'utilité, on est utile jusqu'à un certain point, au delà, on tourne à vide, on developpe une compulsion pour les détails futiles, les vérifications incessantes ; Tu vois moi mon supérieur, il a refusé 2 Millions de Dirhams pour se casser la tête sur des déclarations TVA, tu imagines, le truc le moins glamour du monde, alors que tu vois, il aurait pu se dorer la pilule sur du farniente, six margaritas dans la glotte, deux pin-ups sur les genoux et une boîte pleine de Levitra à portée de main. Et bien non, il continue à jouer aux vétérans, à collectionner les phrases du genre " Attends, attends, doucement, laisse moi réflechir", il me récite les biographies de ces ex-Directeurs. Non, mais je te jure, des fois j'ai envie de le prendre par ce gros cartilage pourri qu'il a au milieu du visage pour lui expliquer que je m'en bats les nattes de son historique de merde. J'en ai marre de ce mec. Et puis, quand il fait son caca nerveux, qu'il enfle d'une importance subite,qu'il se met à agiter un doigt devant ma gueule, c'est d'un ridicule. Arrête de t'accrocher connard, retourne à ta tombe, vide les lieux, disparait, tu sers plus à rien..."

"... Mais tu vois, ces gens là , il l'ont eu à la dure, ils ont peiné pour monter en grade. La plupart ont leur certificat d'études, ils ont du se taper des années d'obéissance, de paperasses, de téléx, de serveurs gargantuesques, de notes de frais minables, d'ulcers, de je ne sais pas quoi, pour finalement pourvoir déléguer une tâche, donner un ordre. Ils ont morflé quoi. Quelque part, je peux comprendre leur peur panique de la faute professionnelle, mais bon, leur fesses qui font bravo à l'annonce d'un nouvel organigramme, leur démarche apeurée, leurs génufléxions, cette mesquinerie douteuse, le gris de leurs jacquards, leur aftershaves à base de lavande bon marché. J'en fait une allergie, je n'y peut rien. Je me suis mis dans l'idée qu'ils bloquent ma progression, j'ai fait ce lien, j'ai besoin d'un poste plus épanouissant, or, ce poste est trusté depuis 25 ans par l'un deux, une forme de plaie, un mollusque viral, le gars qu'on déboulonne pas, le gars qui a pris racine, faudrait pèter la dalle du siège pour l'en arracher. Pourtant, il faut qu'il se casse, j'ai bûché six ans pour mériter ce poste, je le veux et je le veux tout de suite. Je vais faire en sorte qu'il soit plus là l'année prochaine, il a trente ans de service et encore cinq à taper. Crois moi sur parole mon pote, il n' ira pas jusqu'au bout, je m'y engage solennellement. Non mais, elle est ou la justice dans tout ça, la méritocratie, ils en font quoi ? Le fruit d'un dur labeur ? Moi en arrivant dans cette saleté d'administration, je n'ai pas cédé aux pratiques en vigueur, je ne me suis pas fait livrer des mélouis/ Thé à la menthe le matin, je n'ai jamais envoyé un chaouch me payer une facture, je n'ai jamais bu du café froid, je n'ai jamais renvoyé le bouclage d'un dossier aux calendes grecques, j'ai été compétitive, j'ai agit sur mon environnement, j'ai réalisé des choses, je me suis démarquée, j'ai assaini des situations, j'ai construit un reporting efficace. Grâce à moi, ces feignasses, savent exactement ou ils mettent les pieds, j'ai introduit de la visibilité dans une activité tendant vers l'occulte. J'ai prouvé mon importance, je suis essentielle, je dois en conséquence être valorisée, il me faut une grosse promo, il me faut le poste du croulant. Putain, parfois j'ai l'impression de bosser dans un service de gériatrie, faut faire attention à pas les enerver à cause de leur tension, de leur diabète, ne surtout pas les surmener à cause de leur goutte; Faut arrêter, passons à autre chose, contraignons les à accepter l'argent qu'on leur propose. Faisions place à la jeunesse, le sang neuf, ça veut dire quelque chose, ce n'est pas juste une formule, c'est important le sang neuf, j'en fait partie, je suis drogué à l'excellence, je délivre gros mon pote, j'ai de l'ambition, je ne caresse pas les saisons en attendant qu'on me remette une Citizen et un Grill-panini. je veux de la reconnaissance et je bosse dur pour l'obtenir, mais il y a ce corps étranger, cette excroissance de tête dégarnies, de tempes grisonnantes , de lunettes double foyers, de ceintures haut-du- nombril, de petites frayeurs, de sécurité, de tiédeur. Il faut qu'il me laisse me faire un trou dans cette boîte, j'ai appris tout ce que j'avais à apprendre d'eux, aujourd'hui, je veux innover, donner, imposer une vision, me faire écouter par des patrons jeunes et sportifs, je veux être une patronne jeune et sportive. J'ai décidé de prendre mon destin en main, je compte faire ce qui s'impose pour cureter ces parasites de leur nid douillet. J'ai un plan. "

Majida faute d'autre chose est une fille sincère, elle avance des vérités d'une cruelle crudité. Qu'importe la nature de son plan, son plan n'existe pas, telle une athlète de haut niveau avant une compétition cruciale, elle s'auto-suggère une illusion d'action. Elle ne fera rien. Non, l'ennui dans l'affaire, c'est sa détestation irrationelle des séniors. Son champ sémantique me donne des sueurs froides. Elle est aveuglée par sa haine. Elle s'est choisi un ennemi. Sa stagnation s'explique uniquement par l'action de l'ennemi élu. A ce stade aucun autre argument n'est recevable, tout est relatif aux méfaits des anciens. Majda peut faire fausse route qu'elle ne s'en rendrait même pas compte.

Pour avoir eu des contacts parmi ses collègues, je sais de source sure que Majda n'est pas victime de l'omniprésence des vétérans. Son cas est d'une simplicité déconcertante. Majda a un caractère insupportable. C'est une peste, une enquiquineuse, une nerveuse, une hystérique, une flipée, elle est anxiogène, elle n'est pas apprécié, elle confond compétence et acharnement, efficacité et précipitation. Elle a tout faux, elle continuera à avoir tout faux et, le jour ou le management en aura sa claque d'elle et essaiera de la faire sauter, peut être bien, je dis bien peut être qu'un groupe de ces vieux croulants pesera de tout son poids, de toute son expérience des bras de fers patronaux, de toute son humanité pour la conserver en place... Peut être.
Rédigé par Reda Dalil le Jeudi 18 Juin 2009 à 13:27 | Permalien | Commentaires (0)