 | Nouvelles chaînes de télé au Maroc: le canular
Lundi 23 Mars 2009
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Pas de nouvelles chaînes de télé au Maroc dans un avenir prévisible. Ainsi en a décidé le Conseil Supérieur de la Communication Audiovisuelle réuni dernièrement afin de rendre son verdict concernant l’octroi de nouvelles licences d’exploitation de services télévisuels et radiophoniques.
Si le dit Conseil a bien voulu accorder quatre nouvelles licences d’exploitation radiophonique, il a décidé de « surseoir à l’octroi de toute licence de télévision ».
Pourquoi : en raison de l’étroitesse du marché publicitaire au Maroc, qui suffit à peine à financer les chaînes existantes, selon le communiqué du Conseil qui nous explique : « l’admission de tout nouveau projet de télévision nationale présente actuellement un risque important de déséquilibre pour le secteur, pouvant manifestement compromettre l’équilibre des opérateurs audiovisuels publics et privés existants à court terme, et leur viabilité, à moyen terme. » En plus clair : des chaînes supplémentaires sont susceptibles de mettre à mal les chaînes publiques existantes.
Drôle d’argument de la part d’un organisme dont l’une des fonctions justement est de veiller au respect des règles de concurrence loyale. Plus, c’est ce même conseil qui a en août dernier lancé « un appel à concurrence pour l’établissement et l’exploitation de services télévisuels ».
C’est ce qui fait dire à juste titre à Othman Benjelloun, Patron de la BMCE et l’un des prétendants éconduits : « Pourquoi alors lancé l’appel à concurrence ? la CSCA aurait dû faire une étude du marché avant » .
« Monte à l’arbre manger des figues, descend de l’arbre, personne ne t’a donné la permission ! » dit le bon dicton marocain pour moquer les caprices des certains donneurs d’ordre.
C’est ce qui semble être le cas de notre CSCA qui brandit bien haut des licences de télés et crier au leurre après. Ben quoi! il faut bien rire, non?
Abdelaziz Mouride |
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 | Réviser le bac via internet
Vendredi 30 Mai 2008
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Internet est-il en passe de devenir le moyen par excellence pour préparer le bac? C'est ce nous apprend une dépêche de l'AFP qui relève la forte affluences des élèves sur des sites consacrés aux cours du bac en France dont webpedagogique.com ou reussite-bac.com ou encore annabac.com
"Vérifier ses connaissances en chimie grâce à un quiz -lit-on sur la dépêche- se faire expliquer le chômage par une vidéo, télécharger en podcast une notion de philosophie, demander sur un forum de discussion un tuyau pour obtenir un commentaire d'un texte de Voltaire, tout savoir sur le sommeil, l'alimentation et le stress...: toutes les formules sont possibles sur internet pour se préparer à passer le bac.
Espérons que les élèves et étudiants marocains soient nombreux à faire usage de cet outil formidable d'apprentissage, ça les changera de passer leurs journées dans des parcs à potasser des polycopies sans intérêt.
Cliquez ici pour lire l'article |
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 | Younes Boumehdi : Le boss de Hit-Radio
Vendredi 25 Avril 2008
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En 1993 un journal de la place rapporte qu’un jeune r’bati, a reçu une fin de non recevoir pour avoir présenté un projet d’une radio libre. Ce jeune aurait même été, d’après le journal, convoqué par la police pour interrogatoire. C’était dans la logique de l’époque, sauf que l’information n’était pas tout à fait exacte. « C’était moi qui faisait le pied de grue au ministère de l’intérieur pour faire aboutir mon projet » , protestera l’intéressé quatorze ans plus tard, lors d'un entretien que j'ai eu avec lui. « Depuis quelque temps je rêvais de faire une radio pour les jeunes qui voulaient écouter autre chose que ce qu’on leur servait sur les ondes publiques. En 1993, c’était la tenue de l’Infocom, on parlait de libéralisation du secteur de l’audiovisuel etc, alors j’y ai cru d’autant plus que Médi 1 était déjà bien installé et que des radios étrangères étaient intéressées »
Le jeune fou de Rabat ? C’est Younes Boumahdi, l’actuel directeur de Hit Radio qui fait désormais un tabac auprès des jeunes et même, dit-on, des moins jeunes, en tout cas les amoureux de la musique alternative dont les jeunes musiciens du Boulevard se font fort depuis déjà une dizaine d’année et que Hit Radio venait justement de sortir au grand jour.
« Il m’a fallu batailler dur pour en arriver là » se rappelle-t-il aujourd’hui. Younes avait 23 ans à l’époque. Un diplôme de marketing et de communication fraîchement décroché d’une école française en poche, et surtout beaucoup d’enthousiasme. Et de naïveté aussi. « Je pensais que les choses allaient être faciles, mais ne voyant rien venir au bout d’un an, j’ai décidé de ne pas en rester là » .
D’où le pied de grue au ministère de l’intérieur. « J’écrivais chaque mois au ministère de tutelle, chaque trimestre au Premier ministre » . Que faisait Younes en attendant ? Il travaillait dans un tout autre domaine que la radio, dans une société de distribution d’antennes paraboliques, puis dans une entreprise industrielle. « Au départ je n’avais aucunement l’idée de faire de la radio en réalité, ma formation me prédestinait à une carrière dans la presse ou la communication » . C’est en France pourtant que l’idée a commencé à germer dans sa tête. « Là, j’ai pris la mesure du retard de notre pays dans ce domaine, il n’y avait rien pour les jeunes en matière de musique » . On imagine les effets pervers du « tout sécuritaire » de l’époque qui prenait souvent des allures comiques : « pour faire passer des cassettes de musique à l’aéroport, il fallait les faire valider par le CCM ». Alors ouvrir une radio privé !
Ce qui complique encore plus la tâche au jeune Younes, c’était le vide juridique en la matière. L’audiovisuel faisant partie du domaine régalien de l’Etat sur lequel il exerce un pouvoir discrétionnaire et somme toute arbitraire, qui ne fait pas place à l’initiative privé, sauf autorisation exceptionnelle de l’Etat. C’est dans ce cadre que Médi 1 a pu s’installer et plus tard Radio Sawa, mais pas d’autres opérateurs.
On connaît la suite. La libéralisation du secteur tant attendue a fini par s’imposer. Younes, désormais familier du ministère de la Communication -et de l’Intérieur- se trouve donc en première ligne des soumissionnaires. Il pouvait enfin « avoir sa radio », c’était en mai 2006. On imagine son joie, mais aussi son angoisse. Avoir une radio c’est une chose, assurer sa programmation au quotidien de façon à soutenir la concurrence, à fidéliser l’auditoire c’est une autre pair de manche, un défi supplémentaire que Younès et son équipe se devait de relever, et qu’il relève avec brio. Mais d’abord il fallait trouver le financement. « J’ai fait appel à des amis pour ce faire, n’ayant pas d’immeubles à hypothéquer auprès des banques ». Bientôt, même celles-ci lui font confiance. « Ce n’était pas facile, mais il fallait insister, développer des arguments convaincants » . Pour le reste, Younès et ses partenaires -« tous marocains »- ont fait appel à des professionnels français de la radio pour former le personnel. Et ça marche !
Le crédo de Younes, son créneau aussi ? La jeunesse. La musique : « 70% des Marocains sont des jeunes. Ils ne lisent pas les journaux, regardent rarement la télé surtout pas en famille, mais sont potentiellement des auditeurs de la radio, c’est cette catégorie de la population que notre radio cible en leur faisant écouter la musique qu’il aime ».
Pari gagné : en quelques mois, Hit radio est devenu le média obligé des jeunes, un must pour les branchés pour utiliser l’expression consacrée. Elle fait quelque 19% du taux d’écoute juste derrière 2M avec 20-25%, et détrône même radio Sawa qui dégringole. « 60% de nos auditeurs n’écoutait pas la radio auparavant ». Le secret de la réussite de Hit-Radio ? Mettre l’accent sur les nouveaux groupes de musique alternative très prisés par les jeunes, et paradoxalement exclus des autres médias. ils occupent désormais une place de choix sur la nouvelle station avec 40% de la programmation .
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Donner un aura international à la musique marocaine
Q : Vous faites du rap marocain, l’une de vos spécialités, pourquoi ?
Younes : Les groupes de rap sont très créatifs, ils s’inspirent de la panoplie musicale marocaine traditionnelle pour faire des chansons modernes accessibles à la jeunesse du monde entier.
Q : Seulement ces groupes se plaignent de ne pas pouvoir vivre de leur musique. Younes : ça commence à changer, ils étaient boudés au début, maintenant, vu leur succès auprès des jeunes, ils deviennent de plus en plus sollicités pour des concert, par les salles les plus prestigieuses du pays, dont le Théâtre Mohamed V, le tout nouveau théâtre Mohamed VI à Casablanca puis à Marrakech. Et puis une première, la Jeunesse de l’USFP a fait appel à Bigg lors de son dernier congrès, pour l’animation.
Q : Vos projets d’avenir :
Younes : Faire de Hit Radio une station nationale, puis internationale et la lancer sur internet. Contribuer à l’organisation de concerts réguliers des jeunes musiciens
*Cet article a été publié pour la première fois en février 2007 au Matin |
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 | BD au Maroc
Vendredi 11 Avril 2008
| |  | | A première vue, le Maroc peut passer pour un pays où la bande dessinée est reine : le pays abrite plusieurs festivals de bande dessinée (Tétouan, Kénitra, Casablanca) et compte à l’Institut National des beaux arts de Tétouan, la seule filière BD de tout le continent africain.
Malheureusement, la production de BD dans le royaume ou par des marocains à l’étranger reste faible et se compte presque sur les doigts de la main. Numériquement parlant, la BD reste un genre mineur au Maroc, malgré quelques tentatives isolées récentes. Tour d’horizon d’un art qui ne s’est pas encore imposé dans la société marocaine.
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Les BD « politiques ». Le Maroc est l’un des très rares pays africains où la BD a servi de relais à des témoignages dénonçant des atteintes aux droits de l’homme et des exactions des forces de police et de sécurité.
En Afrique, si les dessinateurs de presse et caricaturistes ne s’en privent pas, les bédéistes sont en général plus discrets et attendent le plus souvent d’être en exil pour témoigner. Tel n’est pas le cas de Abdelaziz Mouride qui, en 2000, publie On affame bien les rats ! (Editions Tarik et Editions Paris méditerranée), témoignage poignant de ce que furent les années de plomb au Maroc. Dans la pénombre de sa cellule, l’auteur, membre fondateur du courant d’extrême gauche 23 mars, a dessiné jour après jour toutes les étapes de sa longue et traumatisante détention. En 2004, Abdelaziz Mouride publie Le coiffeur (Editions Nouiga), chronique douce amère d’un salon de coiffure pour hommes dans un quartier populaire de Casablanca dans les années 70. Le propos est plus léger que dans son précédent album mais la critique sociale et politique affleure à chaque planche. Poursuivant sa démarche, Mouride travaille actuellement à une adaptation du roman de Mohamed Choukri, Le pain nu. Professeur aux beaux arts de Casablanca, il a également lancé le magazine Bled’Art, premier journal de BD du pays, qui a malheureusement disparu après quelques numéros.
Les sarcophages du complexe : disparitions forcées de Mohammed Nadrani (aux éditions Al Ayam. 2005 ) est un autre album qui, avec un style plus naïf, revient sur les années de plomb et son lot de prisonniers politiques. L’auteur a été incarcéré dans un centre secret de détention connu sous le nom de "Complexe de Rabat". D’où le titre de la BD, associant les pénibles conditions d'incarcération des jeunes militants des années 1970 à des sarcophages.
Les BD « patrimoniales ». La BD a également été utilisé à des fins patrimoniales, en vue de raconter la culture et l’histoire du pays et de ces figures émergentes.
Ce fut le cas en 1979, avec Il était une fois … Hassan II (de Serge Saint-Michel, Bernard Duffosé et Philippe Sternis. Editions Fayolle) qui relève plus de l’album panégyrique.
En 1993, la trilogie Histoire du Maroc en bandes dessinées (de Ahmed Nouaiti, Wajdi et Mohamed Maazouzi) évoquait l’histoire nationale de la préhistoire à 1961.
En 2004, l’Institut royal de la culture amazighe publiait la première BD en langue berbère, intitulée Tagellit nayt ufella (La reine des hauteurs) qui raconte les aventures d’une jeune reine qui se bat contre les forces du mal pour protéger son peuple. L’objectif de l’auteur de cette œuvre d’une vingtaine de pages, Meryem Demnati, est d’aider à la promotion de la langue et de la culture amazighe.
Mohamed Nadrani a sorti en 2007, un second ouvrage où il se penche sur un pan récent de l’histoire marocaine : la guerre du Rif. Cet album, L’émir Ben Abdelkrim est sorti en deux versions, arabe et française.
Enfin, le nouveau code de la famille a fait l’objet d’une adaptation BD en deux langues (arabe dialectal et français) intitulé Raconte moi la nouvelle moudawana afin de la rendre plus accessible à la population aussi bien résidente au pays que immigrée.
D’autres productions sont également à remarquer comme celles de Jean François Chanson qui publie en 2006, Maroc fatal (Editions Nouiga). L’album est constitué de quatre nouvelles racontant le destin singulier de marocains et leur rencontre souvent violente avec la mort. Le titre est un clin d’œil au célèbre « Major fatal » de Moebius. Ces histoires en noir et blanc n'hésitent pas à évoquer des thèmes dérangeants comme le hrig, les problèmes de prostitution, l'alcoolisme, les nouveaux rapports hommes-femmes, les tensions arabo-amazighes, la corruption policière, ... Une des nouvelles, «Destins Symétriques», est d'une grande originalité car elle fait se rencontrer les destins similaires d'un occidental et d'un marrakchi. En arabe et en français, le récit est organisé en miroir, jouant sur les sens convergents de lecture des deux langues. L’auteur est en préparation d’un nouvel album, suite de « Maroc fatal », qui s’appellera « Nouvelles maures » et qui devrait sortir en juin 2008 aux éditions Nouiga.
L’Hadj Belaïd de Larbi Babahadi (Editions Sapress, 2008) relate l’incroyable destin du chanteur marocain L’haj Belaïd, devenu une légende dans son pays. Après de nombreux petits boulots, le souissi décide un jour de se consacrer totalement à sa passion : la musique. Il se lance en chantant l’amour et la beauté des femmes, et devient bientôt une célébrité, apprécié de Lyautey et de Mohammed V. Il enregistre de nombreux disques avec le label français Pathé Marconi. Il s’éteint en 1946 et ses chansons sont encore de nos jours souvent reprises par la jeune scène musicale marocaine. Le dessin est simple et efficace. Les textes sont en français, amazighe et arabe. Ce premier album est une réussite. L’auteur est en préparation avec son frère d’un nouvel album « Les racines d’Argania » portant sur la partie marocaine de la mythologie grecque.
L’agence pour l’aménagement de la vallée du Bouregreg a sorti, il y a peu, un album « Tempête sur le Bouregreg » (Dessins : Hassan Manaoui. Scénario : Miloudi Nouiga) pour expliquer aux plus jeunes leurs travaux qui vont profondément modifier les villes de Rabat et de Salé. Miloudi Nouiga a réalisé un album « Les objectifs du millénaire. » sur les droits des enfants au Maroc pour le PNUD en 2006. Ces deux albums ont été distribués gratuitement aux écoles marocaines par ces institutions.
Enfin, au début des années 2000, les étudiants des l’Institut royal des beaux arts de Tétouan publiaient leurs travaux au sein du magazine Chouf qui ne paraît plus de nos jours. Ils récidivent depuis quelques mois avec un fanzine Livre, deux numéros sont déjà parus.
A l’étranger, peu de professionnels marocains se sont fait remarquer dans le milieu du 9ème art. On peut citer Youssef Daoudi, qui a terminé en septembre Sueur aux tripes le dernier volume qui complète La vie est dégueulasse (2005) et Le soleil n’est pas pour nous (2006), les deux premiers tomes de La trilogie noire de Léo Mallet, sur un scénario de Bonnifay, aux éditions Casterman. Dessinateur marocain vivant et publiant en Europe, il était dessinateur de presse pour La vie économique de 1995 à 1997 sous le nom de « Yozip ». Atif Khaled est diplômé de l’Institut de la Bande dessinée d’Angoulême. Il a publié entre 2005 et 2007 les trois tomes des Chroniques de Centrum chez Soleil Edition, adaptation du roman de Jean Pierre Andrevon qui en assuré le scénario. Il a également dessiné le tome 8 de la série Kookaburra Universe, toujours en 2007. Othman Berrada, jeune dessinateur débutant, serait en train de travailler actuellement sur un scénario de Trondheim. Avant de faire une école d’art en France, il a fait les beaux jours du journal scolaire Carpe Diem lors de son passage au lycée Descartes de Rabat.
D’autres dessinateurs ayant des liens avec le Maroc sont à signaler : Daphné Collignon, auteur de Coelacanthes (2 tomes) et de Le rêve de pierres (avec I. Dethan) aux éditions Vents d’Ouest réside au Maroc. Patrick Morin a décroché la premier prix « jeune talent » au dernier festival d’Angoulême avec une nouvelle humoristique en BD sur le Maroc, pays qu’il connaît bien.
Les talents existent donc, l’envie également. Certains éditeurs comme par exemple, Miloudi Nouiga, aimeraient faire plus de BD. Mais, malheureusement, l’absence de marché réel empêche tout développement prévisible du 9ème art dans le pays. La solution passerait sans doute par la production d’ouvrages en noir et blanc, à couverture souple, diffusés hors des réseaux traditionnels du livre.
Jean François Chanson (Auteur français de BD, résidant et publiant au Maroc) et Christophe Cassiau Haurie.
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 | L'école publique en crise
Mardi 11 Mars 2008
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L’école est l’espace du savoir et de l’acquisition de valeurs. Les structures de connaissances qu’elle inculque en font un marqueur générationnel. En effet, dans leurs successions, les générations s’imprègnent de représentations fédératrices et de savoirs qui charpentent leur approche de la vie. Les remises en question permanentes des modèles acquis, savoirs, pratiques et méthodologies confrontent l’école à l’expérimentation permanente de la vie. Subséquemment, l’école devient le lieu de l’outillage humain pour envisager le présent et l’avenir dans une logique d’adaptation et d’appropriation de l’environnement.
Un être intégré est inévitablement un être « signifié » dans sa société. Il est porteur d’un sens, d’un rôle qui le lie au « corps textuel » de sa société. Le « non-sens, » l’en exclurait et le mettrait à sa marge ! L’école publique au Maroc peine à jouer son rôle d’intégrateur, d’accompagnateur social à l’évolution. Ses pratiques d’apprentissage ne sont plus adaptées. Les indicateurs sociaux l’attestent : carence des apprentissages fondamentaux, chômage des diplômés accrue par l’inadéquation aux exigences des changements socio-économiques actuels.
Notre école publique n’accueille plus que les enfants des familles démunies. Ceux des familles aisées s’en détournent pour les écoles privées où se forme l’élite de demain! Un tel système favorise la réplication et la préservation de la hiérarchie existante. Il ne permet aucunement une mixité ou une évolution sociale ! Pourtant, le rôle de l’école publique est d’assurer la fonction d’ascenseur social et de lieu de brassages socioculturels. Au-delà d’une simple réforme, l’école publique a besoin d’une profonde mutation. La perspective d’une école comme vecteur de développement humain passe inévitablement par des changements qualitatifs et structurels.
Les orientations stratégiques et politiques définiront la perception et les attendus de l’école au regard des objectifs du pays. Le système éducatif doit être refondu pour octroyer aux jeunes les moyens de se construire, c’est à dire de penser par eux-mêmes, d’imaginer, d’être créatifs. Il doit leur permettre d’innover, d’inventer une nouvelle conception de la société fondée sur le volontariat et l’entreprenariat.
Une cartographie des carences et des dysfonctionnements qu’ils soient d’ordres infrastructurels ou humains est essentielle. Elle permettra de définir d’une façon vérifiée les mesures à prendre : formation des enseignants, méthodes pédagogiques, partenariats avec les entreprises pour l’accès aux domaines de la vie pratique… L’école publique ne devra pas être la seule issue aux classes défavorisées du Maroc. L’exclure des exigences de la modernité en fera un foyer de tension, de fabrication de l’exclusion qui pourrait se répercuter sur tous les domaines de la vie au Maroc!
Mounir FERRAM
Article publié par :
webmaster@maroc-en-mouvement.com |
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